Sans nouvelles de deux prêtre depuis cinq ans

Bosnie: Le gouvernement passe sous silence la disparition de prêtres catholiques

Banja Luka, 12 septembre 2000 (APIC) Malgré des demandes d’éclaircissement renouvelées par l’Eglise catholique, le gouvernement bosniaque n’a toujours pas donné de nouvelles de Tomislav Matanovic, disparu en 1995 avec ses parents, et de Ratko Grgic, disparu en 1992, rappelle l’agence Fides dans un communiqué publié vendredi.

L’abbé Tomislav Matanovic a été enlevé le 18 septembre 1995 avec ses parents. Il avait alors 33 ans. Depuis, on est sans nouvelles de lui, et les autorités bosniaques n’ont jamais lancé d’enquête pour éclaircir le mystère de cette disparition.

Lors du conflit en Bosnie, disparaissait aussi le Père Ratko Grgic, prêtre de la paroisse de Nova Topola. Il avait 48 ans au moment de sa disparition, le 16 juin 1992. Aucune information sur son sort n’a été donnée par le gouvernement depuis lors.

Des demandes d’éclaircissements ont été adressées aux autorités bosniaques à plusieurs reprises, notamment par Mgr Franc Komarica, évêque de Banja Luka, par Mgr Joseph Leanza, nonce apostolique, et par Mgr Jean-Louis Tauran, secrétaire du Vatican pour les Rapports avec les Etats. Selon l’agence Fides, les autorités politiques n’ont jamais répondu à ces appels.

Les quelques catholiques restés dans la région veulent eux aussi savoir ce qu’il est advenu de leurs prêtres. Ils ont la conviction que les abbés Matanovic et Grgic sont morts, «martyrs» de la guerre ethnique qui a ensanglanté l’ex-Yougoslavie. Mais ils souhaitent que la lumière soit faite sur leur disparition.

70’000 catholiques expulsés de Banja Luka

Entre 1991 et 1992, environ 70’000 catholiques (croates, tchécoslovaques, italiens, polonais et ukrainiens) ont été expulsés de Banja Luka. A l’heure actuelle, seules 509 familles, soit 1’024 catholiques, ont pu rentrer chez elles. Il s’agit principalement de personnes âgées.

Les conditions de vie des réfugiés catholiques qui ont choisi de regagner leur maison restent difficiles. La plupart ne sont pas en mesure de trouver du travail et il ne leur est pas permis de reprendre l’activité qu’ils exerçaient auparavant, affirme l’agence Fides. Il semble également que les personnes âgées ne reçoivent plus depuis des mois la pension à laquelle elles ont droit. Des sources locales ont assuré que «la plupart des organisations internationales actives dans la région n’offrent pas d’assistance aux catholiques de retour. Il a été dit à beaucoup de réfugiés de s’adresser à la Caritas». (apic/fides/bb)

12 septembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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