...et en Amérique latine

En Amérique latin aussi les réactions n’ont pas tardé. Le Conseil Latino-américain des Eglises (CLAI), qui représente 150 Eglises et organisations chrétiennes, s’est déclaré «surpris» et «consterné» par cette déclaration. Lors d’une conférence de presse organisée à Quito, le secrétaire général du CLAI, Israel Batista, a estimé qu’il s’agissait là d’un nouvel obstacle à l’oecuménisme. Il a reconnu le droit de l’Eglise catholique d’exprimer ses points de vue sur des thèmes aussi délicats que le dialogue interreligieux, mais il a déploré le ton et le contenu de la déclaration, qui, selon lui, «méconnaît la trajectoire oecuménique des dernières années et met entre parenthèses le sérieux avec lequel l’Eglise catholique aborde le dialogue œcuménique».

Face à une telle déclaration, a-t-il ajouté, «on ne peut que douter du sérieux et de la fiabilité des efforts oecuméniques auxquels nous participons avec l’Eglise catholique». L’organisme critique l’absence de références aux conversations bilatérales avec différentes confessions religieuses, aux 35 ans d’histoire oecuménique depuis le Concile Vatican II, à la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens et à la Déclaration catholique-luthérienne sur la doctrine de la justification par la foi. «

Au Brésil, la CNBB, d’habitude fort critique et connue pour ses prises de positions progressistes, avalise ouvertement et officiellement la déclaration. Allant même jusqu’à la justifier. Un avis que ne partage pas le théologien de la libération Marcelo Barros. Il s’agit, dit-il, d’une déclaration malheureuse. «Il est difficile de croire, en cette année jubilaire, à une telle déclaration, en totale contradiction avec tout le travail de Jean Paul II».

Aux Etats-Unis enfin, le cardinal Roger Mahony, sans être véritablement critique, pense que la déclaration romaine ne reflète pas complètement la compréhension profonde à laquelle on est arrivée à travers le dialogue œcuménique au cours de ces 30 dernières années. (apic/pr)

14 septembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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