Mgr Theurillat prêt à devenir l’évêque des jeunes Suisses
Bâle: Les 100 jours du nouvel évêque auxiliaire du diocèse de Bâle
Berne, 21 septembre 2000 (APIC) A tout juste cinquante ans, Mgr Denis Theurillat est bien décidé à rejoindre les jeunes de toute la Suisse. «L’espoir de l’Eglise, c’est d’arriver jusqu’aux jeunes qui sont séparés d’elle», explique le premier évêque natif de la République et canton du Jura, qui a reçu le dicastère de la jeunesse au sein la Conférence des évêques suisses (CES).
100 jours après son élection (le 22 juin 2000), le nouvel évêque auxiliaire du diocèse de Bâle tourne son regard vers les jeunes que l’on ne voit ni dans les rassemblements ni dans les rencontres.
Invité à Berne par l’Association suisse des journalistes catholiques à l’occasion de ses 100 jours d’ordination épiscopale, Mgr Theurillat a évoqué son expérience de 21 années de catéchèse et de paroisse, son enfance dans le petit village d’Epauvillers, sur les côtes du Doubs, la naissance de sa vocation sacerdotale, à l’âge de cinq ans, en accompagnant son frère à la messe du matin, avant l’école. De là lui sont venues, sans doute, l’aspiration à une communauté soudée, où chacun, du plus petit au plus âgé, a sa place et son droit à la parole, et une spontanéité désarçonnante qui n’appartient qu’à lui.
Les relations humaines sont au cœur de son action pastorale. Son plus cher désir pour le Jura? L’approfondissement des liens entre les personnes engagées dans l’Eglise. Pour le monde? La rencontre entre l’Evangile et ce que vivent les gens. Qu’est-ce qui a attiré deux millions de jeunes à Rome en août dernier: le pape, la ville éternelle, la perspective d’un rassemblement gigantesque? «Tout cela et encore autre chose, qui nous dépasse, explique Mgr Theurillat, et qui est de l’ordre de l’Esprit Saint.»
Le service des jeunes: une disposition personnelle
Promu évêque des jeunes par la CES, Mgr Theurillat souligne l’importance de ne pas exclure la jeunesse des autres âges de la vie. Au lendemain de ses cinquante ans, il ne pense pas que l’âge compte dans ce ministère. Pour lui, le service des jeunes est d’abord une disposition personnelle, l’envie d’aller au devant d’eux, une manière de voir aussi. «Les enfants et les jeunes adultes savent tout de suite si on s’occupe d’eux par fonction ou ministère obligatoire».
Dès le moment où l’on parle de l’Evangile, la Parole du Christ a encore un formidable impact, estime Mgr Theurillat. Prenez les béatitudes, l’appel à la justice, à l’amour, ce message n’a pas d’âge: j’ai l’impression que beaucoup de jeunes recherchent cette qualité de parole». Dès le moment où ils se découvrent êtres humains, les enfants se posent la question de Dieu. Et lorsqu’ils veulent donner un visage à Dieu, c’est celui du Christ.» L’enjeu est là pour Mgr Theurillat: passer d’un Dieu «notion» à un Dieu «fait homme». L’évêque veut emmener les jeunes jusqu’à la folie de la Croix et de la Résurrection et il n’y a qu’un seul chemin pour partager cette réalité de foi: celui du témoignage.
Des diacres, même en couple, pour être avec les jeunes
Mgr Theurillat qualifie sans ambages de prophétique la formule proposée par le journaliste Paul Jubin, de l’Action de Carême, qui verrait des diacres, même en couple, consacrés à l’accompagnement pastoral des jeunes. «Il y a tellement de manières de procéder, il faut aller constater de visu comment ça marche, chercher le contact», explique-t-il en mettant à l’agenda de 2001 la rencontre des responsables au niveau suisse et de part et d’autre de la Sarine. Passionné de dialogue, de relation et de communication, l’évêque ne veut pas se situer plus haut que tout rassemblement qui pourrait exister. Mais plutôt, en toute simplicité, aider à façonner des modes de rencontre où tous les jeunes se sentent pris en considération. Ouvrir aussi les groupes «où ça tourne rond, où l’on se sent bien au chaud, à nouer des contacts vers ces autres jeunes, ceux qui ne viennent pas». Mgr Theurillat qui avoue une grande admiration pour François d’Assise, espère ainsi, à côté de sa tâche au niveau des structures, réserver du temps pour voir les jeunes dans la rue ou au bistrot.
Si son travail épiscopal ne s’arrête évidemment pas à son mandat auprès de la jeunesse, Mgr Theurillat tient à tenir compte de cette réalité particulière face aux multiples attentes de l’Eglise du diocèse de Bâle en matière de diaconat, d’ordination d’hommes mariés ou encore d’équipes pastorales. Dans cet immense diocèse qu’il découvre chaque jour un peu plus, il tient à garder comme priorité son exigence du dialogue et à vivre «la tension entre le peuple et l’Eglise dont il est l’évêque» avec enthousiasme et générosité. (apic/mjp)




