Relier l’Eglise suisse à l’Eglise universelle
Rome: 4’000 pèlerins suisses à Rome pour la fête de saint Nicolas de Flue
Par Marie-José Portmann, de l’APIC
Rome, 24 septembre 2000 (APIC) Tous les évêchés suisses sont aux abonnés absents pour cause de pèlerinage jubilaire jusqu’au lundi 25 septembre, fête de saint Nicolas de Flue, patron de la Confédération. Depuis samedi en effet, 1’600 pèlerins alémaniques, 1’200 romands et autant de Tessinois sont réunis autour de leurs évêques à Rome. En rencontrant le pèlerins, après la messe à la basilique Saint-Pierre, concélébrée par les évêques des diocèses suisses, les nonces et les cardinaux d’origine helvétique, le pape Jean Paul II aura incarné le lien entre l’Eglise qui est en Suisse et l’Eglise universelle.
De l’intimité de la chapelle de la Garde suisse à la démesure de la Place Saint-Pierre et de la foule acclamant Jean Paul II, les participants au pèlerinage suisse à Rome ont l’occasion de relier les festivités du Grand Jubilé de l’an 2000 à leur pratique ecclésiale au sein de leur diocèse. La rencontre de paroisses romaines et une table ronde, dimanche soir, aura confronté les pastorales suisse et italiennes et montré que la ville éternelle constitue elle aussi un diocèse. L’identité de l’Eglise qui est en Suisse est appelée à apparaître plus clairement encore lundi, lors de la messe en la basilique Saint-Pierre.
Mais d’abord, arriver à Rome…
Non sans mal pour ceux qui, partis de Genève, ont été contraints de troquer, à la dernière minute, l’avion contre le bus, grève de compagnie italienne oblige. 17 pèlerins de Bienne ont même commencé leur pèlerinage par une veillée à l’aéroport de Zurich. Samedi, les membres du diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg et l’important contingent jurassien ont assisté à la messe dans la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs alors que la délégation romande du Valais, forte de quelque 600 membres, visitait la Chapelle Sixtine.
Agés de 50 ans et plus, périodes scolaires obligent, les pèlerins – les devrait-on dire, les femmes étant nettement majoritaires dans ce voyage à Rome – constituent des groupes soudés ou l’on règle son pas sur celui du plus lent et ou l’on s’entraide. «Cette expérience me bonifie, lance un Fribourgeois bon teint, attendant que le reste du groupe se rassemble à l’ombre des piliers de la Place Saint-Pierre.
Une dimension personnelle du jubilé par delà le battage médiatique
«En participant à ce pèlerinage diocésain, je peux enfin redonner une dimension ecclésiale et personnelle aux festivités du Grand Jubilé de l’an 2000, dont l’omniprésence dans les médias commençait à m’agacer, avoue Soeur Thèrèse, religieuse fribourgeoise détachée à la librairie Saint-Paul de Bourg-en-Bresse (France). Les pèlerins du diocèse de Bâle ont fait halte à Assise avant de rejoindre Rome et de participer à la messe dominicale dans la chapelle de la Garde suisse. Dédiée à saint Martin et à saint Sébastien, deux officiers qui se sont mis au service de la paix après avoir rencontré le Christ, l’édifice rappelle que des gardes suisses ont donné jusqu’à leur vie pour la protection du pape. Concélébrant l’Eucharistie aux cotés de Mgr Denis Theurillat, de Mgr Kurt Koch et du Père Trauffer, Mgr Gächter a souligné que le service pontifical de la Garde suisse, fondée en 1506, débouchait souvent sur des engagements en paroisse et que plusieurs gardes suisses étaient devenus prêtres.
Diocésaine dans un premier temps, la démarche prendra un visage plus confédéral lundi avec la messe concélébrée par l’ensemble des évêques des diocèses du pays, les nonces, les cardinaux et les évêques d’origine suisse à l’étranger. Regroupés dans le choeur de la basilique Saint-Pierre, les fidèles se recueilleront ensuite dans une célébration musicale, avant l’audience avec le pape Jean Paul II. Une veillée à la basilique, présidée par Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, mettra un point d’orgue au pèlerinage suisse que les Valaisans termineront par une journée à Assise.
Plus d’un pèlerin attend de la messe de la fête de Saint-Nicolas de Flue qu’elle soit un symbole de l’Eglise qui est en Suisse, marquée par 700 ans de démocratie directe et qu’elle témoigne des spécificités et des richesses de ce pays. (apic/mjp)




