Brésil: Mgr Casaldaliga: «Le pape doit demande pardon pour la «Dominus Iesus»
Un mea culpa tout de suite, sans attendre 100 ans
Brasilia, 28 septembre 2000 (APIC) Dans une interview téléphonique accordée au journal mexicain «Milenio Diario», l’évêque brésilien Pedro Casaldaliga demande un mea culpa tout de suite, sans attendre cent ans, pour la déclaration «Dominus Iesus», en «post scriptum» à la demande de pardon formulée par le pape pour les péchés des chrétiens.
Mgr Casaldaliga, de la prélature brésilienne de Sao Felix do Araguaia, juge la déclaration publiée le 5 septembre dernier comme «un coup fatal porté à l’oecuménisme, au dialogue des Eglises chrétiennes avec les autres religions, concrètement, ici dans notre Amérique, avec les religions indigènes et afro-américaines».
Le document, ajoute Mgr Casaldaliga dans son interview, «donne l’impression que le Vatican veut enfermer le siècle, le millénaire et peut-être aussi le pontificat de Jean Paul II, en laissant les dogmes à nouveau bien marqués, pour qu’il n’y ait aucune marge de doute, ni de large liberté». Alors que de plus en plus de théologiens «attirent l’attention sur la nécessité d’un authentique dialogue interreligieux, où l’Eglise ne parle pas seulement mais écoute», le Vatican est pris par «une espèce de prurit, non de fidélité à la foi, dont personne ne nie l’importance, mais d’affirmation, plus que catholique, catholiciste».
Demander de l’aide à Jean XXIII
Répéter comme hier «Hors de l’Eglise, pas de salut», c’est, depuis le Concile Vatican II, proférer «une véritable hérésie», tonne Mgr Casaldaliga, car «l’Esprit souffle où il veut». «Et quand on me demande si la déclaration «Dominus Iesus» est un signe d’intolérance, dit-il, j’en viens à penser que nous devrions prier Jean XXIII, récemment béatifié, pour lui demander d’aider à rouvrir les fenêtres de l’Eglise comme il a voulu le faire, et l’a fait, à l’occasion du Concile».
Sur le rôle joué par le pape, Mgr Casaldaliga se montre moins sévère. Il rappelle un très beau geste de Jean Paul II, lors d’une audience privée au Vatican avec le patriarche de Babylone. Celui-ci était accompagné de deux dignitaires musulmans et l’un d’eux avait en main un exemplaire du Coran. Lorsque Jean Paul II s’en est rendu compte, il s’est penché et a baisé le livre sacré. Pour Mgr Casaldaliga, un tel geste fait pardonner la radicalité et annule presque à la racine un document comme «Dominus Iesus». (apic/cip/bb)




