Espagne: Le malaise continue au sein de «Mains Unies»
La politique des évêques désavouée par la majorité des délégués
Madrid, 2 août 2000 (APIC) Ana Alvarez de Lara a été élue fin juillet à Madrid à la présidence de «Manos Unidas» (»Mains Unies»), l’équivalent de l’Action de Carême en Suisse ou du Secours catholique pour la France, lors d’une session extraordinaire à laquelle ont participé 58 représentants. Cette nomination n’a cependant pas dissipé le malaise entre une partie de l’organisme et les évêques espagnols.
La présidente a obtenu 24 voix, tandis que 31 délégués se sont abstenus pour exprimer leur «refus de la politique suivie par les évêques». L’élection de Mme Alvarez a été précédée par la démission, le 20 juillet, de Consuelo Lobo. L’ancienne présidente a pris cette décision après avoir constaté que cinq des onze candidatures n’avaient pu être retenues par la Commission épiscopale de l’apostolat des laïcs.
La direction de «Mains Unies» a bien tenté d’obtenir que la Commission épiscopale revienne sur ses pas. Celle-ci a cependant maintenu sa décision, aussitôt qualifiée de «sans précédent», d’»injuste» et d’»injustifiée». Antonio Cartagena, secrétaire général de la Commission, a toutefois tenté de corriger: «Le problème vient d’un manque de renseignements sur les candidates; toute autre interprétation résulte d’un glissement de type idéologique». L’explication n’a convaincu personne.
Tensions et divergences
Lors de l’élection de la nouvelle présidente, onze déléguéés du mouvement ont démissionné pour manifester leur refus de la politique des évêques. Ces démissions s’ajoutent à celle de Consuelo Lobo et de plusieurs autres membres de la Commission permanente du mouvement depuis mai dernier.
La tension entre cette organisation catholique et les évêques espagnols remonte à six ans. Les divergences de vue se sont focalisées sur deux points. Les évêques refusent que des personnes appelées à de hautes responsabilités dans le mouvement, telles que les tâches de direction ou d’administration, soient rémunérées au lieu d’assumer ce service comme bénévoles. Les évêques voudraient aussi que «Manos Unidas» consacrent une partie de ses ressources à «l’action pastorale» et à la construction de bâtiments ecclésiaux, au lieu d’affecter le tout à des projets humanitaires. (apic/cip/pr)




