Mgr Boccardo, responsable de l’organisation, donne le ton à la fête
XVe JMJ à Rome: moins de 2 semaines avant le coup d’envoi
Rome, 4 août 2000 (APIC) A moins de 2 semaines du coup d’envoi des XVe Journées Mondiales de la jeunesse (JMJ), qui se tiendront du 15 au 20 août à Rome, Mgr Renato Boccardo, responsable de la section Jeunes du Conseil pontifical pour les laïcs, en charge de l’organisation des Journées Mondiales de la Jeunesse depuis environ dix ans, explique le sens de ces JMJ.
Après Paris en 1997, Rome devrait accueillir à son tour la grande foule, en cette Année jubilaire.
Q.: Quels sont les grands points du message du pape pour la Journée Mondiale de la Jeunesse 2000 autour de laquelle s’articule la célébration du Jubilé des Jeunes ?
Mgr Boccardo: Cela fait quinze ans que Jean Paul II, dans sa grande attention au monde des jeunes, a pour ainsi dire «inventé» la Journée Mondiale de la Jeunesse. Celle-ci a pour but de donner aux jeunes du monde entier l’opportunité de se rencontrer, de prier et de réfléchir, de projeter le présent et le futur, de prendre conscience de leur vocation et de leur mission. Cette année, la Journée se situera dans le contexte plus large du Jubilé de toute l’Eglise, et c’est pour cette raison que le pape parle de «Jubilé des Jeunes» ou de «Jubilé de la jeune Eglise». C’est dans ce cadre que s’insère la proposition éducative de la Journée 2000: chaque Journée veut en effet transmettre un message aux jeunes en les aidant à réfléchir sur un aspect de la vie chrétienne.
Le pape explique qu’en cette Année jubilaire, le thème de réflexion sera le même que pour l’Eglise universelle: l’incarnation, les deux mille ans depuis la naissance du Christ, «le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous». Beaucoup de religions croient en Dieu, mais la particularité de la religion chrétienne est de croire en un Dieu fait homme: Jésus de Nazareth est le Fils de Dieu. C’est le coeur du message auquel l’Eglise croit et qu’elle proclame depuis deux mille ans et les JMJ deviennent la célébration et l’annonce de cette vérité. Le pape invite à contempler, à réfléchir, et à tirer les conséquences des deux mystères principaux de notre foi: incarnation et Rédemption. Jésus qui devient homme et redonne à l’homme sa dignité originelle, le rachetant et rétablissant son amitié avec Dieu.
La réflexion sera facilitée, écrit encore le pape, par le fait que Rome est une cité-sanctuaire qui offre des possibilités uniques: les mémoires des apôtres, des martyrs, des saints qui y ont vécu. Les jeunes sont appelés à prendre conscience d’être les héritiers de ce patrimoine et de cette richesse de foi: une foi qu’ils ont reçu dans leur église locale, qui est proclamée ici à Rome de manière plus visible à travers les mémoires de ceux qui nous ont précédé, et qu’ils doivent transporter dans le nouveau Millénaire.
Q.: Les JMJ ont donc une dimension missionnaire bien définie…
Mgr Boccardo: Le pape conclut toujours les JMJ avec un appel missionnaire lancé aux jeunes: devenez évangélisateurs! L’envoi en mission en constant: le pape s’adresse aux jeunes pour les inviter à annoncer aux autres jeunes ce qu’ils ont vécu. Jean Paul II a insisté à plusieurs reprises sur cette dimension, reprenant en particulier la première lettre de saint Jean: ce que nous avons vu, entendu, touché, nous vous l’annonçons. La célébration terminée, les jeunes doivent devenir évangélisateurs et annonciateurs chez eux, dans leur propre environnement, dans leur vie.
Q.: De nombreux jeunes vivent dans des situations difficiles à cause de la guerre, de la pauvreté, du chômage… De quelle manière les JMJ tiennent-elles compte de cette réalité?
Mgr Boccardo: Depuis le début des JMJ, il a été proposé aux jeunes des pays plus riches de verser une somme équivalente à 10 dollars pour constituer un fonds qui puisse permettre aux jeunes des pays pauvres de participer. Le premier à contribuer à ce projet est toujours le pape. De cette manière, les jeunes des pays en voie de développement ou des pays confrontés àà la guerre ou à la violence peuvent eux aussi venir à la fête. Ce geste a aussi une dimension missionnaire intrinsèque: par notre sacrifice, nous invitons d’autres jeunes moins chanceux à partager la fête avec nous, pour qu’ils puissent à leur tour la revivre chez eux.
Cette année, parallèlement au fonds de solidarité, un projet pour les jeunes des pays en guerre a vu le jour à l’initiative du Comité Italien de la Conférence épiscopale italienne. Environ 300 jeunes provenant de 24 pays en situation conflictuelle ou de pauvreté seront hébergés par des jeunes italiens durant un mois. Les premiers commencent à arriver ces jours-ci. Ils seront accueillis en groupes dans les différents diocèses italiens, en particulier ceux qui ont envoyé des missionnaires dans les pays de provenance des jeunes. Ils rencontreront des familles, des autorités, des instituts missionnaires, ainsi que leurs compatriotes. Ils convergeront ensuite sur Rome le 14 août pour s’unir aux milliers de jeunes venus du monde entier. Après les JJ, ils concluront leur visite dans les diocèses avant de rentrer chez eux, à la fin du mois d’août. (apic/fides/pr)




