Un institut catholique saint-gallois risque de fermer
Suisse: Les élèves accusent enseignants et direction de sévices corporels
Vilters 6 août 2000 (APIC) Les autorités scolaires ont décidé de fermer l’Institut Sonnenberg, de Vilters (SG), jusqu’à l’issue de l’enquête pénale engagée contre le corps enseignant et la direction de l’école privée catholique, accusés par les élèves de sévices corporels. Interrogé vendredi par l’agence APIC, l’administrateur de l’association des Ecoles catholiques suisses (ECS), Bruno Santini-Amgarten, a qualifié de disproportionnée la mesure du Département de l’Instruction publique du canton de Saint-Gall.
Coups de poing, gifles, cheveux tirés, têtes frappées contre les bancs: les châtiments corporels étaient monnaie courante au Sonnenberg, allant jusqu’à provoquer des contusions ou des saignements de nez chez les élèves, précise le Département de l’Instruction publique (DIP) du canton de Saint-Gall. Les enfants et leurs parents ont porté plainte pour mauvais traitements durant les vacances d’été. Devant l’ampleur et la gravité des accusations, confirmées par une première enquête pénale, les autorités scolaires ont décidé de suspendre l’autorisation d’enseigner et d’interdire la reprise des cours à la mi-août. Le retrait de la reconnaissance de l’école par le DIP est à l’examen.
Perte de contrôle
Bruno Santini s’élève quant à lui contre la décision «abusive» du DIP saint-gallois:
Le directeur de l’école Louis Hüppi n’a pas été contacté au préalable par les instances compétentes. Il a appris la fermeture de l’école par la radio. Il confirme cependant qu’un des neuf enseignants de l’école, un maître primaire, avait battu un élève trois semaines avant la fin de l’année scolaire. Selon lui, le pédagogue aurait perdu tout empire sur lui-même. Mis en congé, il se serait engagé à suivre une thérapie. Le directeur concède que gifler les élèves est «malheureusement» une pratique assez répandue à l’Institut Sonnenberg. Bruno Santini souligne que cela se passait avec l’assentiment des parents.
Inspectorat non-professionnel
Le président de la commission scolaire de district chargée de superviser la qualité de l’enseignement privé et public, Hans Bigger, interrogé par le journal «Le Temps», reconnaît que «face à des élèves qui ne sont pas toujours faciles, en raison de problèmes sociaux ou familiaux, l’école à la réputation d’être stricte, en particulier sur le comportement, les questions de sexe et de drogue».
Dans le canton de Saint-Gall, les tâches d’inspection sont assurées par des non-professionnels, élus par la Commission cantonale de l’enseignement. Ils effectuent deux contrôles par classe et par année.
Fondé en 1950, l’Institut Sonnenberg accueille une cinquantaine d’élèves de 11 à 17 ans, garçons et filles, en internat, ainsi qu’une vingtaine d’autres élèves externes, de la quatrième à la sixième année primaire et de la première à la troisième année secondaire. Le certificat d’étude délivré par l’institution est reconnu par les Ecoles catholiques suisses. (apic/job/wm/mjp)




