Colombie: Le «Plan Colombie» laisse présager une recrudescence de la violence

Inquiétude des Eglises

Bogota, 20 août 2000 (APIC) Peu avant la visite en Colombie du président des Etats-Unis Bill Clinton, des responsables d’Eglise et militants des droits de la personne ont prévenu que le renforcement de l’aide militaire américaine à ce pays déchiré par la guerre exacerbera encore la violence et augmentera le nombre de personnes déplacées.

Bill Clinton se rendra dans la ville de Cartagena le 30 août pour rencontrer le président colombien Andres Pastrana. Pour des raisons de sécurité, le président des Etats-Unis ne passera que quelques heures dans ce pays secoué par la violence.

Le mois dernier, le gouvernement Clinton a approuvé l’octroi de 1,3 milliard de dollars pour le «Plan Colombia», le programme présenté par le président Pastrana dont l’objectif est d’éradiquer la production de coca et mettre fin à la guerre avec plusieurs groupes armés. Ce contrat d’assistance fournie par les Etats-Unis augmentera de façon spectaculaire la présence des militaires américains en Colombie et comprend la fourniture de 63 hélicoptères militaires à l’armée et à la police colombiennes.

Or, au sein des Eglises, les militants et ceux qui aident les victimes de la violence s’opposent vigoureusement au plan militaire d’Andres Pastrana pour mettre fin à la guerre.

«Le Plan Columbia n’est pas vraiment un plan de paix, c’est un plan qui signifie le renforcement de la guerre et encore plus de morts», a déclaré Antony Sanchez, directeur exécutif de la Fondation de développement mennonite de Colombie (Mencoldes).

«Il est difficile de croire qu’arracher quelques plants de coca va résoudre le problème. Les paysans qui cultivent des plantations de coca vont s’enfoncer un peu plus dans la jungle, couper les arbres des réserves naturelles de l’Amazonie pour continuer la production de coca». Tant qu’il n’y aura pas une solution de rechange économique concrète pour les paysans, rien ne va changer, car la culture de coca est leur seul moyen de survivre».

Un des éléments essentiels du «Plan Columbia» est l’utilisation de produits largués par des avions sur des champs de coca. Une méthode dénoncée par la Conférence des évêques de Colombie, qui mettent en garde contre les graves dangers.

La méthode du largage de produits est une obsession politique des Etats-Unis, même si cela ne marche pas, fait remarquer Leila Lima, coordinatrice du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. «En dépit de cela, la production de coca a augmenté. L’unique résultat a été l’augmentation du nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays, et le recul de la frontière agricole un peu plus loin dans la jungle».

Pris pour cible

Le déplacement à l’intérieur du pays fait de nombreuses victimes – et parmi elles, des responsables de communautés, pris pour cibles, harcelés, obligés de quitter leur foyer. «Là où nous étions, nous étions quelqu’un, les gens nous connaissaient. Puis nous avons du partir et soudain nous n’étions plus rien», déplore Olga Remolina, déplacée l’an dernier du sud de la province de Bolivar.

«Le Plan Colombie» est également vivement contesté par l’Union européenne. Ainsi que par la plupart des pays latino-américain. (apic/eni/pr)

20 août 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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