Exactions commises sous l’emprise de la drogue ou de la peur

Sierra Leone: Amnesty International dénonce la poursuite de l’enrôlement des enfants

Lausanne,

(APIC) L’enrôlement des enfants dans les rangs des forces rebelles et des forces alliées au gouvernement se poursuit en Sierra Leone, en dépit de la signature de l’accord de paix du 7 juillet 1999 à Lomé. Le dernier rapport d’Amnesty International publié jeudi à Lausanne révèle le traitement inhumain des enfants soldats, contraints de commettre des exactions sous l’emprise de la drogue ou de la peur.

En mars, juin et juillet 200, des délégués de l’organisation de défense des droits de l’homme, Amnesty International, ont recueilli des témoignages d’enfants ayant combattu dans les rangs du Front révolutionnaire uni (RUF), du Conseil révolutionnaire des forces armées (AFRC) et des Forces de défense civile (CDF). Nombre d’entre eux ont rapporté avoir été contraints à absorber de l’alcool ou de la drogue avant d’aller au combat, explique Amnesty. Certains ont reconnu avoir preuve d’une extrême brutalité sous l’influence de la drogue.

Amnesty appelle les rebelles, en particulier le RUF, à libérer immédiatement tous les enfants qu’il détient et les forces de l’opposition à cesser de recruter et de maltraiter des enfants. Il demande au gouvernement sierra-léonais de démobiliser l’ensemble des combattants âgés de moins de 18 ans, comme il l’a promis. Finalement, Amnesty International s’adresse à la communauté internationale pour qu’elle soutienne les enfants soldats démobilisés à long terme, sur le plan social, psychologique et matériel.

Plus de 5’000 enfants-soldats recensés depuis 1991

Plus de 5’000 enfants âgés de moins de dix-huit ans ont combattu dans les rangs de l’opposition armée ou des forces gouvernementales pendant la guerre civile qui a débuté en Sierra Leone en 1991, estime Amnesty. La plupart des enfants ont été enlevés et contraints à se battre par les forces rebelles. Nombre d’entre eux ont été contraints à tuer et à mutiler sous l’emprise de la drogue, de l’alcool ou de la peur. Beaucoup d’enfants, filles et garçons, ont été utilisés par les rebelles pour porter les vivres et faire la cuisine. Des fillettes ont été violées et réduites à l’état d’esclaves sexuelles, dénonce l’organisation.

L’enrôlement d’enfants soldats âgés de moins de quinze ans est interdit par les droits humains et le droit international humanitaire. Depuis le 7 juillet 1999, date de la signature d’un accord de paix à Lomé au Togo entre les factions rebelles et le gouvernement sierra-léonais, les Nations Unies et des organisations non gouvernementales ont tenté d’assurer le désarmement et la démobilisation des enfants soldats. Elles ont suspendu leurs programmes depuis que les troubles ont repris en mai 2000. (apic/com/mjp)

31 août 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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