Entretien avec Mgr Herranz, président du Conseil pour l’Interprétation des Textes législatifs

«Nous avons réaffirmé en termes juridiques que les divorcés remariés ne peuvent pas communier, parce qu’il y avait beaucoup de confusion à ce sujet», explique à l’APIC Mgr Julian Herranz, président du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs, au lendemain de la publication de la déclaration de ce Conseil concernant l’article 915 du Code de droit canon.

Le rôle de notre Conseil est d’expliquer le contenu du Droit canon, qui est l’expression de la loi universelle de l’Eglise, explique l’archevêque. Cet article était mal interprété par certains. «C’est pourquoi notre travail était de le repréciser, et de le faire en termes juridiques, selon notre compétence».

L’article 915 en question explique que «les excommuniés et les interdits, après l’infliction ou la déclaration de la peine, et ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste, ne seront pas admis à la sainte communion».

D’après Mgr Julian Herranz, une des erreurs d’interprétation les plus courantes sur ce point est de penser que les divorcés remariés sont excommuniés. «Il y a là une confusion importante, insiste-t-il. Il faut distinguer ceux qui sont en dehors de l’Eglise, parce qu’excommuniés, et ceux qui, comme les divorcés remariés, restent fils de l’Eglise à part entière, et sont invités à participer à la messe, même s’ils ne communient pas, et à prendre part aux activités paroissiales».

Pour le président du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs, il y a deux raisons pour lesquelles les divorcés remariés ne peuvent pas communier. «La première est le souci de préserver le sacrement de l’Eucharistie, explique Mgr Herranz. Communier, c’est recevoir le Christ lui-même. On ne peut donc pas communier si on est dans une situation de péché grave, celle-là ou une autre».

La seconde raison, poursuit l’archevêque, est le désir de la part de l’Eglise de préserver «l’indissolubilité du mariage chrétien». «Il y a une grande différence entre l’amour tel qu’il est conçu dans le mariage chrétien, et l’amour tel qu’il est vu en dehors, fait-il remarquer. Le mariage chrétien est un sacrement et c’est une grande chose. Il est fondé sur l’unité et la fidélité: un pour une, pour toujours».

7 juillet 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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