Suisse: Initiative populaire «pour une réglementation de l’immigration»
Farouche opposition de la FEPS et de l’EPER
Berne, 7 juillet 2000 (APIC) La FEPS (Fédération des Eglises protestantes de Suisse) et l’EPER (Entraide protestante suisse) s’opposent à l’initiative populaire «pour une réglementation de l’immigration.
Pour la FEPS et ses Eglises membres comme pour l’EPER, les étrangers et étrangères font partie d’un quotidien qui va de soi en Suisse. Ils sont très souvent perçus comme un enrichissement. L’initiative populaire sus mentionnée met en cause cette évidence en se basant sur des présupposés négatifs. Elle accrédite le préjugé qui veut que les étrangers soient en premier lieu une menace pour le peuple suisse, qu’ils veuillent uniquement profiter de notre prospérité sans prendre leur part de responsabilités ni payer de leur personne en retour.
Les auteurs de l’initiative, soutiennent encore les organismes protestants, minimisent également les services que les étrangers et les étrangères ont rendus et continuent à rendre depuis des générations à l’Etat et à la société suisses. Ils taisent le fait qu’une politique de naturalisations adéquate diminuerait sensiblement l proportion de la population étrangère en accordant le droit de cité aux nombreux étrangers et étrangères intégrés depuis longtemps dans notre pays.
En plus, indique la FEPS, une limitation, voire une interdiction d’admission de forces de travail étrangères telle qu’elle est exigée par les initiants, met en danger notre économie, et par conséquent des postes de travail de Suisses et de Suisses. Une limitation des étrangers à 18% n’est d’ailleurs nullement réaliste et va à l’encontre des engagements moraux et de droit international de la Suisse. Ancrer les objectifs dans la constitution fédérale contredirait l’accord bilatéral avec l’Union européenne sur la libre circulation des personnes qui vient d’être accepté par le peuple.
«Cette initiative ne correspond en rien aux affirmations et à l’esprit bibliques au sujet de la vie commune des humains qui est fondamentale pour la FEPS et l’EPER quand il s’agit de définir la qualité des relations humaines dans notre pays. La Bible n’a rien à voir avec l’esprit mercantile qui veut dicter une limite supérieure d’étrangers parmi nous». Pour toutes ces raisons le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de suisse et l’EPER rejettent cette initiative irresponsable et impropre à une politique étrangère cohérente. (apic/com/mm/pr)




