Pris dans la tourmente

Angleterre: Décès de Robert Runcie, 102ème cardinal de Cantorbéry

Londres,

(APIC) Robert Londres, le 12 juillet – Robert Runcie, qui fut le 102e archevêque de Cantorbéry (1980-1991), est décédé le 11 juillet dans la soirée à son domicile de Saint Albans, à l’âge de 78 ans, des suites d’un cancer.

L’histoire pourrait bien être plus clémente envers Robert Runcie, 102e archevêque de Cantorbéry et responsable des anglicans dans le monde, que ne le furent les jugements à son égard de son vivant. Robert Runcie s’est parfois attiré des commentaires peu flatteurs. Son livre sur la famille royale et sa biographie publiée en 1997 et comportant des commentaires sur l’ordination des homosexuels lui ont valu les railleries de la critique. Avec un certain sens de l’humour, Robert Runcie s’est justifié en déclarant qu’il avait toujours pensé que le livre serait publié aprés sa mort.

Quatre biographes sur l’œuvre de sa vie

Robert Runcie a attiré non pas un mais quatre biographes. Il a suscité plus de gros titres qu’aucun de ses derniers prédécesseurs. Homme intelligent, compatissant, il a fait preuve en de multiples occasions d’une stupéfiante hardiesse tout en recherchant les compromis en une période de bouleversements religieux, sociaux et politiques.

Né à Liverpool en 1921, il a partagé trente années, dès 1941, entre Oxford et sa rivale Cambridge. La tourmente qui a suivi a presque fait oublier que Robert Runcie était avant tout un universitaire, même s’il avouait que la théologie n’avait pas été sa matière forte durant ses études.

Durant ses études, Robert Runcie s’est tourné vers l’anglo-catholicisme, aile traditionaliste de l’Eglise d’Angleterre, avec ses liturgies complexes et une théologie proche de Rome. Il s’est senti appelé à la prêtrise lorsque la guerre a éclaté et a rejoint le corps d’élite de la Garde écossaise et s’est vu décerner la Croix militaire. Sa distinction et son raffinement masquaient ses humbles origines.

L’une des voix de l’anglicanisme moderne

Après un bref séjour comme vicaire au nord-est de l’Angleterre, il a rejoint à Cambridge le collège de théologie anglo-catholique. Dès 1960, il a passé une dizaine d’années à Oxford, au collége de Cuddeston. Il a négocié avec succés l’issue de la crise provoquée dans le monde anglican en 1963 par la publication du livre controversé «Honest to God», écrit par l’évêque de Woolwich. Il a affronté de façon souveraine les répercussions profondes sur l’anglo-catholicisme du Concile romain Vatican II et les attaques contre les valeurs religieuses traditionnelles, dans les années 60 et a été reconnu comme l’une des voix de l’avenir de l’anglicanisme.

Nommé évêque de Saint Albans en 1970 puis, dix ans plus tard, archevêque de Cantorbéry, sa période au palais de Lambeth a coïncidé avec celle de Margaret Thatcher au poste de Premier ministre que l’indocilité et l’esprit vif de l’archevêque, ses entrées auprès de l’Establishment et son habilité dans la controverse irritait.

Lorsqu’en 1985, la Commission Runcie sur les régions urbaines prioritaires a produit le rapport accablant «Faith in the City» (La foi dans la ville, critiquant une politique qui avait réduit des millions de gens au chômage, Robert Runcie a réalisé alors qu’il avait touché quelque chose dépassant les limites du monde anglican a investi d’importantes ressources de l’Eglise anglicane dans des projets concernant les quartiers pauvres.

Robert Runcie a également gâché la fête donnée pour la fin de la guerre des Malouines: Margaret Thatcher voulait un service d’action de grâces pour la victoire dans le conflit de 1982 et Robert Runcie a célébré un service à la mémoire des morts des deux parties. (apic/eni/mjp)

12 juillet 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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