Guatemala: Un témoin de l’affaire Gerardi en exil
Ruben Chanax rejoint les «autres exilés»
Guatemala, 5 juin 2000 (APIC) Le procureur général du Guatemala, Leopoldo Zeissig, a révélé qu’un nouveau témoin dans l’affaire Gerardi, du nom de l’évêque assassiné le 26 avril 1998, avait à son tour pris le chemin de l’exil.
Ruben Chanax, un mendiant, a préféré quitter le pays le 24 avril dernier «pour préserver sa vie», a expliqué le procureur. Ce sont désormais quatre témoins interrogés dans le cadre de cette affaire qui ont choisi l’exil, outre l’ex-juge Henry Monroy et le procureur Celvin Galindo. Le procureur général Zeissig, qui n’a pas précisé la destination de Chanax, a indiqué que le ministère public est intervenu dans l’organisation du voyage à travers un programme de protection des témoins.
Les autres «exilés» de l’affaire Gerardi sont le chauffeur de taxi Diego Mendez, qui a déclaré avoir vu deux automobiles munies de plaques officielles et ayant à bord des hommes fortement armés «patrouiller» aux alentours de l’église San Sebastian, où l’évêque a été assassiné, un sergent de l’armée, Jorge Aguilar, et un autre mendiant, Oscar Cheqs.
Pour l’assassinat de Mgr Gerardi, cinq personnes devront s’expliquer devant un tribunal – à une date qui n’a pas encore été fixée -, à savoir trois militaires, un prêtre et une domestique. Soit le colonel à la retraite Disrael Lima Estrada, ancien chef de l’Inteligencia Militar (les services secrets de l’armée), son fils Byron Lima Oliva, capitaine à l’armée et membre de l’état-major présidentiel, un ancien expert militaire, Obdulio Villanueva, membre du corps de sécurité présidentiel, l’abbé Mario Orantes, alors secrétaire de Mgr Gerardi, et sa cuisinière, Margarita Lopez.
Chanax a déclaré avoir vu, la nuit du crime, l’abbé Orantes sortir à deux reprises de la cure où résidait Mgr Gerardi, une heure avant le crime, puis après le meurtre.
Tant Zeissig que la juge d’instruction Flor de Maria Garcia, qui a ordonné le renvoi en jugement des cinq inculpés, ont reçu des menaces de mort et bénéficient d’une protection policière.
L’élection en janvier dernier du nouveau président Alfonso Portillo, un proche de l’ancien dictateur Rios Montt, semble avoir néanmoins fait évoluer l’enquête sur la mort de Mgr Gerardi, évêque auxiliaire de Guatemala-Ciudad. Ce dernier, qui avait conduit un travail d’enquête sur les crimes commis au cours des 36 ans de guerre civile dans le pays, a été tué le 26 avril 1998 dans son garage, deux jours après la publication d’un volumineux rapport impliquant en particulier l’armée. Après avoir été orientée sur toutes sortes de fausses pistes, l’enquête sur l’assassinat s’était enlisée face aux menaces exercées contre les juges et les avocats. (apic/cip/kna/pr)




