Condamnation d’un copte à 15 ans de travaux forcés

Egypte: Les autorités célèbrent le Jubilé de la fuite en Egypte de la Sainte Famille

Le Caire, 7 juin 2000 (APIC) Les autorités égyptiennes ont lancé le 2 juin en présence des plus hautes autorités religieuses chrétiennes et musulmanes, des festivités en l’honneur du bimillénaire de la fuite en Egypte de la Sainte Famille. Trois jours après le lancement de ces festivités, William Shaiboub, un chrétien copte accusé du meurtre de deux hommes dans le village de El Kosheh en août 1998, a été condamné à 15 ans de travaux forcés à l’issue d’un procès truqué.

Selon l’agence vaticane Fides, Shaiboub a été arrêté le 17 décembre 1998 au cours d’une rafle réalisée par la police. Il a été envoyé en prison comme un millier d’autres coptes du village d’El Kosheh. William a aussi été torturé: pendu par les pieds la tête en bas, il a été roué de coups, puis, ligoté à une chaise, il a reçu des décharges électriques dans les parties les plus sensibles du corps.

Le cas de William Shaiboub avait au début suscité l’attention de la presse internationale et selon la CSW «la sentence a été retardée afin d’attendre le moment où celle-ci relâcherait son attention». En effet, la sentence a été émise le jour de l’ouverture du procès de 96 personnes accusées du meurtre de 21 chrétiens à El Kosheh au début de cette année. Selon des sources coptes, les dates ont été expressément choisies afin d’estomper la gravité de la condamnation derrière l’attention portée au procès des 96 accusés.

Simple coïncidence ?

La condamnation de Shaiboub a été annoncée au moment précis où le gouvernement égyptien entamait une campagne promotionnelle pour favoriser le tourisme, invitant les visiteurs à «découvrir les lieux où l’enfant Jésus fut sauvé, échappant aux intentions homicides du roi Hérode». Selon la CSW, «l’ironie de la situation n’a pas échappé à la communauté des chrétiens coptes qui souffrent de discriminations et d’injustices à tous les niveaux sociaux».

Les 1er et 2 juin, le gouvernement égyptien a parrainé la célébration des 2000 ans depuis la fuite de Jésus en Egypte. La cérémonie, présidée par le Premier ministre Atef Ebeid, s’est déroulée en présence des ministres de la culture et du tourisme, de Chénoua III, patriarche de l’Eglise copte orthodoxe, de Stéphanos II Ghattas, patriarche copte catholique, du pasteur Safouat al-Bayadi, chef de l’Eglise protestante égyptienne, ainsi que du Cheikh Hussein Tantaoui, imam d’Al-Azhar, la plus haute autorité religieuse de l’islam sunnite à travers le monde. (apic/fides/mk/pr)

7 juin 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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