Suisse: L’Eglise catholique-chrétienne déplore la béatification du pape Pie IX

«Un signal regrettable pour l’œcuménisme»

Berne, 18 juin 2000 (APIC) L’Eglise catholique-chrétienne de Suisse regrette la béatification de Pie IX (pape de 1846 à 1878) prévue par l’Eglise catholique le 3 septembre prochain. Il s’agit pour son Synode national, qui a tenue sa 131e session ce week-end à Berne, d’un «signal regrettable pour l’œcuménisme», car le pape du Concile Vatican I incarne pour les vieux-catholiques une excroissance massive du centralisme romain.

C’est justement dans le sillage du Concile Vatican I, qui a promulgué le dogme de l’infaillibilité papale, que l’Eglise catholique-chrétienne s’est séparée de l’Eglise catholique romaine. Aujourd’hui, la plus petite des Eglises nationales compte moins de 15’000 fidèles en Suisse. Elle est membre de l’Union d’Utrecht, qui rassemble près de 500’000 fidèles dans le monde.

Le Synode national de l’Eglise catholique-chrétienne, qui siégeait à Berne les 16 et 17 juin, a en effet adopté une déclaration concernant la béatification du pape Pie IX envisagée par le pape Jean Paul II. Les délégués estiment que les Eglises vieille-catholiques, forts de leur histoire, n’ont pas le droit de garder le silence.

Doutes sur la sincérité des propositions de «Ut unum sint»

Ils relèvent notamment que cette béatification «éveille des doutes sur la sincérité de l’offre» faite par le pape Jean Paul II dans son encyclique de 1995 «Ut unum sint» d’entreprendre un dialogue œcuménique sur la manière dont il fallait interpréter la pratique de la primauté du pape. «Pie IX représente une tendance dans l’Eglise catholique qui a poussé à l’extrême le centralisme romain entre autres par les dogmes de la primauté de juridiction universelle et l’infaillibilité doctrinale du pape», souligne le Synode catholique-chrétien.

«Le refus global du dialogue avec les aspirations culturelles et politiques de l’époque a eu de graves conséquences pour l’annonce de l’Evangile dans le monde. Ce sont tous ces facteurs qui ont eu pour conséquence la rupture qui a conduit finalement à la création de diocèses vieux-catholiques», insiste le Synode national de l’Eglise catholique-chrétienne de Suisse. «En outre, on ne peut oublier – surtout à l’heure actuelle – la manière dont Pie IX a traité la population juive des Etats pontificaux à l’époque», peut-on lire dans le communiqué du Synode.

Problèmes au niveau financier et manque de ressources humaines

Tous les sujets traités pendant ces deux journées de délibérations étaient placés sous le signe du renouveau mis en route par l’évêque Hans Gerny il y a deux ans. Qu’un tel processus doive englober tous les secteurs de la vie ecclésiale, s’est avéré de plus en plus évident. Prière, méditation et réflexion sur soi-même doivent aller de pair avec l’optimalisation des moyens financiers et des ressources humaines. La situation concernant les deux derniers aspects s’est sensiblement aggravée ces dernières années.

Ainsi le Synode national a adopté plusieurs mesures qui permettront d’examiner et de développer des possibilités alternatives. Il s’agit surtout d’encourager la collaboration régionale, d’examiner les conditions d’engagement et du traitement des ecclésiastiques, ainsi que d’un nouveau règlement financier, qui tient compte aussi bien de la situation financière difficile de certaines paroisses que de la solidarité entre paroisses et des besoins de l’Eglise au plan national. Le Synode national a constaté avec satisfaction que la nuit de prière organisée l’année dernière à Rheinfelden, a eu un écho très positif auprès des fidèles. Pour cette année, l’Eglise catholique-chrétienne prévoit d’organiser une marche convergeante aboutissant Schönenwerd. (apic/mw/com/be)

18 juin 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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