Moluques: L’Eglise dénonce un «massacre organisé»

Les chrétiens «se battront jusqu’au bout»

Ambon, 23 juin 2000 (APIC) La violence n’en finit pas dans l’archipel des Moluques, en Indonésie. Mercredi, un groupe de musulmans armés a attaqué le village de Tantui, entre Hative Kecil et le chef-lieu Ambon, provoquant la mort de 5 personnes. L’Eglise locale lance un dramatique appel et dénonce ce qu’elle estime être un «massacre organisé». Certains responsables parlent même de résistance. Les chrétiens, disent-ils, «se battront jusqu’au bout»

Une église catholique et une église protestante ont été brûlées, tous comme une douzaine d’habitations. Le commissaire adjoint du poste de police local,. Eddy Ssanto, fait partie des victimes.

En faisant part de ce dernier épisode meurtrier, le diocèse d’Ambon a lancé jeudi 22 juin un appel en faveur de la défense des chrétiens des Moluques. «Depuis l’arrivée de plusieurs milliers de musulmans armés et entraînés à la ’guerre sainte’, on ne peut plus parler de simples incidents ni encore de conflits» écrivent dans une lettre le Père Agus Ulahaiyanan, président de la cellule de crise du diocèse d’Ambon, le Père Ancis Homenara, président de la Commission Justice et Paix, et l’évêque auxiliaire d’Ambon, Mgr Yos Tethool.

«On peut et on doit parler, poursuivent-ils, de massacre orchestré de sang froid contre des personnes innocentes. Les musulmans ne veulent pas seulement dominer les Moluques: ils ont en réalité l’intention de balayer toute présence chrétienne de l’archipel».

Les religieux avertissent que les haut-parleurs des mosquées diffusent des invitations à éliminer les «chrétiens infidèles», et rappellent que l’opération de «nettoyage» a déjà eu lieu dans la majeure partie des îles: Ternate, Tidore, Morotai, Obi, Bacan, Sula. Seules les plus petites, comme Mangole et Taliabu, vivent encore en paix pour le moment.

L’appel met en évidence le problème relatif aux forces de l’ordre. «L’armée, composé en majorité de personnes de religion islamique, a tendance à sympathiser avec les guérilleros. Les militaires doivent en effet choisir entre agir comme le leur impose leur profession, ou suivre leur credo religieux. En outre, ils doivent affronter des troupes bien entraînées et extrêmement déterminées et, effrayés, finissent parfois par s’enfuir».

Les signataires de l’appel assurent que les chrétiens «se battront jusqu’au bout», mais ils font savoir qu’ils sont moins nombreux et qu’ils ne possèdent pas d’armes adéquates. C’est pourquoi ils s’adressent à tous les observateurs extérieurs, en particulier au Conseil de Sécurité des Nations Unies et à la Commission pour les droits de l’Homme, afin que ces institutions fassent leur possible pour ramener la paix dans les Moluques (apic/misna/cip/pr)

23 juin 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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