Quatre hebdomadaires saisis en 5 semaines

Togo: Pression gouvernementale sur la presse

Lomé, 8 mai 2000 (APIC)- En l’espace de cinq semaines quatre hebdomadaires ont vu leurs parutions être saisies par la police sur ordre du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité.

Ces publications jugées diffamatoires et offensantes par le pouvoir, sont simplement interceptées auprès des grossistes et des vendeurs à la criée et parfois même à l’imprimerie sans ménagement.

Un directeur de publication d’un hebdomadaire proche de l’opposition croupit à la prison civile de Lomé depuis trois semaines déjà.

Le code de la presse voté par le parlement en 1998 et qui ne prévoyait que des peines d’emprisonnement avec sursis, a suivi des modifications de la part du pouvoir. Le nouveau code amendé par le parlement composé des députés acquis au parti au pouvoir, a rétabli des peines d’emprisonnement ferme et autorise le ministère de l’Intérieur à procéder à des saisies de journaux qui publieraient «de fausses nouvelles» ou des «informations qui porteraient atteinte à l’ordre public».

L’union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) et l’Association Togolaise des Editeurs de Presse Privée (ATEPP) ont dénoncé cet harcèlement de la presse et ont appelé les autorités togolaises à plus de respect de la liberté d’expression.

Au cours des cérémonies marquant la journée internationale de la presse célébrée chaque 3 mai, les journalistes togolais, des médias public et privé ont cependant adopté un code de déontologie. En 25 articles, les professionnels de la communication du Togo ont pris l’engagement de ne publier que «des informations dont la source, la véracité et l’exactitude sont établies», tout en réaffirmant leur dignité professionnelle. Ce code de déontologie salué par beaucoup d’acteurs politiques suffira-t-il pour desserrer l’étau du pouvoir sur la presse? Rien n’est moins sûr, estiment les observateurs. (apic/pdk/pr)

8 mai 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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