Une déclaration adressée aux évêques suisses

Suisse: 90 personnes défendent le théologien lucernois Herbert Haag

Lucerne, 9 mai 2000 (APIC) Plusieurs professeurs suisses de théologie signent une déclaration en faveur du théologien lucernois Herbert Haag . Selon eux, les évêques suisses l’ont condamné sans souligner ses mérites et sans prendre au sérieux son profond souci des évolutions théologiques possibles dans l’Eglise catholique. Les signataires – près de 90 personnes – demandent aux évêques de renoncer à condamner l’ancien professeur de théologie de l’Université de Tübingen. La déclaration a paru dans la dernière édition de la «Schweizerische Kirchenzeitung».

Selon Daniel Kosch, directeur de pastorale biblique à Zurich, qui a signé aussi la déclaration, on trouve, parmi les défenseurs du théologien, Othmar Keel, professeur d’Ancien Testament, Hermann Venetz, professeur du Nouveau Testament, tous deux professeurs à l’Université de Fribourg. Egalement Silvia Schroer, enseignante à la chaire de l’Ancien Testament à Berne, Urs Winter, professeur d’Ancien testament à Lucerne et Regula Grünefelder, théologienne auprès de l’Oeuvre biblique des catholiques suisses.

Bien que la liste des signataires remise aux évêques suisses n’était pas destinée à être publique, comme l’a appris l’agence APIC, d’importantes personnalités de la vie ecclésiale en Suisse ont signé la déclaration. La majorité des signataires sont des spécialistes de sciences bibliques ou engagés dans la pastorale.

La déclaration déplore, entre autres, que les évêques suisses aient qualifié les écrits de Herbert Haag de «très négatifs». Ce dernier, selon les évêques, «a joué avec la confiance des fidèles de façon téméraire». Il a «désinformé» et «endoctriné» le peuple de Dieu.

«De tels reproches pèsent lourd. Surtout qu’ils sont dirigés contre un théologien qui, dans l’esprit du Concile Vatican II, a beaucoup fait pour la formation théologique et biblique», affirment encore les 90 signataires. Ces derniers déclarent encore qu’ils ne peuvent admettre qu’une personne soit condamnée sans souligner ses mérites ni prendre au sérieux ce qu’il veut dire à travers ses prises de position.

Il faut discuter la question des ministères dans l’Eglise

Des théologiens et des théologiennes qui pensent comment Herbert Haag estiment qu’il faut discuter dans l’Eglise catholique la question des ministères avec plus de sensibilité pastorale. Au lieu de bloquer la discussion dans des prises de position doctrinaires, les évêques devraient reprendre ces questions controversées. Les vérités théologiques et pastorales ont tout à gagner quand elles sont discutées dans un dialogue constructif et en ayant pas peur devant les nouveaux arguments présentés. Les vérités ne doivent pas être décrétées unilatéralement.

Un autre passage de la déclaration précise la position des signataires: «Les évêques se plaignent du manque actuel de prêtres. Pour que ce regret soit crédible, il faut que cette constatation soit suivie d’actes concrets. Aujourd’hui le consensus de l’Eglise universelle sur ces questions ne se laisse pas réduire aux décrets venus du Vatican. On peut aller beaucoup plus loin que ce que dit la Conférence des évêques suisses. Des réformes peuvent être réalisées dans l’esprit du Concile. La fidélité à l’Evangile est liée à des «signes des temps». Beaucoup de personnes montrent leur amour pour l’Eglise à travers leur engagement.

«Ne condamnez pas Herbert Haag»

La déclaration se termine par cette demande: «Nous encourageons les évêques suisses à renoncer à condamner Herbert Haag. Les évêques, grâce à leur mandat et leur responsabilité pastorale permettraient ainsi que l’amour et la fidélité dans l’Eglise soient reconnus de manière profonde.

Les évêques suisses avaient mis le doigt en janvier sur certaines thèses théologiques d’Herbert Haag, à leurs yeux, inacceptables du point de vue de la théologie, voire de la foi catholique. Entre autres, ils ne pouvaient accepter que l’Eucharistie puisse, en certaines circonstances, être célébrée en l’absence d’un prêtre ordonné. (apic/skz/wm)

9 mai 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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