Les Etats-Unis n’auront pas le dernier mot dans l’île de Vieques
Porto Rico: Malgré les arrestations, les Eglises de Porto Rico se dressent contre Washington
New York, 14 mai 2000 (APIC) Malgré des arrestations, les responsables d’Eglise de Porto Rico sont décidés à poursuivre leur mouvement de protestation. Pour les responsables d’Eglise de Porto Rico, déterminés plus que jamais, la marine des Etats-Unis n’aura pas le dernier mot à propos de l’avenir de la petite île caraïbe de Vieques.
Le 4 mai, des agents de la police militaire américaine ont expulsé plus de 200 manifestants qui occupaient depuis plus d’une année une zone d’entraînement installée sur l’île. La présence des manifestants empêchait l’armée américaine de reprendre les essais militaires sur cette île de 37 kilomètres de long.
Vieques, située à l’est de Port Rico, compte 9’000 habitants et abrite une zone d’entraînement militaire sur une partie de l’île occupée depuis 1941 par les Etats-Unis et utilisée pour des manoeuvres militaires et des exercices de tir. Les habitants affirment que ces activités militaires perturbent la pêchent, freinent le développement économique, et sont à l’origine d’un taux de cancer deux plus élevé que dans le reste de Porto Rico. Porto Rico est un Etat libre étroitement associé (Commonwealth) aux Etats-Unis.
Les manifestants ont été détenus pendant plusieurs heures et transportés à Porto Rico où ils ont été libérés sans être inculpés. Toutefois, ils ont été avertis qu’en pénétrant de nouveau dans les zones contrôlées par la marine américaine, ils risquaient une peine de dix ans d’emprisonnement et une amende pouvant atteindre 250’000 dollars
Plusieurs responsables d’Eglise figuraient parmi les personnes arrêtées. Ils ont néanmoins décidé de poursuivre leur action car la marine américaine a annoncé son intention de reprendre très prochainement les exercices militaires sur l’île. «Si la marine reprend ses essais, des centaines de personnes retourneront dans la zone interdite», a déclaré l’évêque Juan Vera, de l’Eglise méthodiste de Porto Rico. L’évêque Vera avait été arrêté vers cinq heures du matin au «Camp évangélique» installé par les Eglises protestantes de Porto Rico au sud de la zone d’entraînement. Plusieurs catholiques avaient établi un second camp 200 mètres plus loin.
14 prêtres et 5 religieuses arrêtés
Parmi les catholiques arrêtés figuraient 14 prêtres et cinq religieuses qui étaient sur place avec l’accord de l’évêque Alvaro Corrada del Rio, administrateur apostolique du diocèse de Caguas, dont fait partie Vieques. L’évêque Corrada était d’ailleurs allé dans la zone mais était reparti la veille de l’intervention.
Le gouvernement des Etats-Unis a annoncé que 216 manifestants avaient été arrêtés le 4 mai. Plusieurs autres ont été arrêtés les jours suivants alors que les agents fédéraux ratissaient l’île pour retrouver ceux qui se cachaient parmi les cratères creusés par les bombes.
Après l’intervention, la marine a annoncé qu’elle allait bientôt reprendre les essais. Des vedettes garde-côtes patrouillent dans les eaux bloquant tout accès aux manifestants venant par la mer, et plusieurs centaines de marines américains surveillent la barrière qui sépare la zone militaire de la zone civile.
En dépit des menaces d’emprisonnement et d’amendes, les responsables d’Eglise continueront leur campagne de résistance civile. «Les gens de Porto Rico continueront d’aller à Vieques, et le gouvernement des Etats-Unis devra en arrêter toujours plus, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il doit laisser Vieques vivre en paix», assurent les manifestants. (apic/eni/pr)




