Elections au Pérou: L’OEA se retire qualifiant le processus électoral de «ni libre ni juste»
Des Péruviens de la région de Fribourg n’iront pas aux urnes:
Menace d’amendes contre eux
Fribourg, 26 mai 2000 (APIC) De nombreux ressortissants péruviens de la région de Fribourg ne se rendront pas aux urnes dimanche 28 mai, dans le cadre du second tour des élections présidentielles au Pérou. L’OEA (Organisation des Etats d’Amérique) a pour sa part qualifié le processus électoral de «ni libre ni juste». L’organisation refuse d’assumer sa mission d’observation.
Nombre de ressortissants péruviens ne répondront donc pas à l’annonce insérée jeudi dans plusieurs quotidiens – y compris «La Liberté» – pour appeler les citoyens à se déplacer à Berne. L’annonce rappelle en effet que le vote est obligatoire pour les Péruviens. Pendant ce temps au Pérou, de violentes manifestations opposent les partisans du report des élections au mois de juin à la police.
Des milliers de manifestants accusent le gouvernement de fraude pour assurer la réélection du président Alberto Fujimori. Le candidat de l’opposition Alejandro Toledo a pour sa part appelé au boycott du second tour. Un nouveau gouvernement du président Fujimori n’aura aucune «légitimité aux yeux de l’opinion publique mondiale», estime-t-il.
Après le retrait du candidat de l’opposition Alejandro Toledo, après le nouveau refus, jeudi, du Jury national des élections (JNE) d’un report de quelques semaines des élections, nombre de citoyens péruviens estiment que répondre à l’invitation de l’ambassade du Pérou à Berne reviendrait à avaliser un processus électoral qualifié jeudi soir à Lima par l’OEA de «ni libre ni juste».
Ces mêmes citoyens entendent en outre s’opposer à l’amende de quelque 200 francs (mais 116 soles – près 30 dollars – au Pérou) qui pourrait les frapper. Du côté de l’ambassade suisse à Berne, on déclare appliquer les instructions du JNE en la matière, tout en minimisant la portée du dernier document émis par la Mission d’observation de l’Organisation des Etats d’Amérique (OEA) qui relève: tout concours pour considérer «irrégulier» l’ensemble de ce processus électoral.
Pas d’observateurs dimanche…
Selon le chef de la Mission, Eduardo Stein, l’OEA n’est pas en mesure de réaliser son travail sur le terrain. L’ambassadeur Stein a quitté le Pérou dans la journée de vendredi. L’OEA, les Etats-Unis et plusieurs pays d’Europe se sont tous prononcés en faveur du report des élections demandé par Toledo. Dans une déclaration rendue publique jeudi, le président Clinton s’est déclaré préoccupé de la tournure des événements, et des conséquences possibles pour le Pérou. L’OEA, la Mission Carter, l’Institut national pour la démocratie, «Transparencia», le Conseil pour la paix et l’Union européennes, soit l’ensemble des missions d’observations nationales et internationales ont refusé de prêter leur concours dimanche pour «observer» le vote.
Journaliste torturé
A Lima, les agressions contre les journalistes opposés au pouvoir se multiplient. Les locaux de la toute récente radio fondée par César Hildebrandt, ont été investis par la police et le matériel séquestré. Plus grave, le journaliste du quotidien La «Republica» Faban Salazar est toujours dans un état critique à l’hôpital. Il a été torturé mercredi soir à Lima par quatre membres des services secrets.
Ces derniers, dénonce «El Comercio» dans son édition de jeudi, se sont emparés d’une vidéo dans laquelle apparaît le bras droit de Fujimori, Vladimiro Montesinos, l’homme de l’ombre sur qui repose l’ensemble des services spéciaux du pays, en compagnie du président du JNE, Montes de Oca et Romulo Munoz Arce, membre de ce même organisme. Quant à l’ex-membre des services secrets, Leonor La Rosa, torturée par ses propres compagnons en 1997, elle est arrivée jeudi à Lima en provenance de Suède, afin, dit-elle, d’appuyer la démocratie et de dénoncer la dictature du président Fujimori. Leonor La Rosa est aujourd’hui paraplégique à la suite des tortures subies.
Jura: Inauguration de la chapelle oecuménique de Develier-Dessus
Portes ouvertes à la chapelle de l’Unité le 30 mai
Jura, 26 mai 2000 (APIC) L’inauguration de la chapelle Devellier-Dessus le 25 juin prochain est l’événement marquant du Jubilé 2000 dans le Jura pastoral. L’évêque du diocèse de Bâle, Mgr Kurt Koch, présidera les cérémonies. Il consacrera l’autel de la chapelle lors d’une célébration œcuménique qui réunira les communautés catholique, réformée, orthodoxe, catholique-chrétienne et l’Armée du Salut.
Cette célébration sera suivie par une procession silencieuse de la halle de gymnastique à la chapelle de l’Unité. Avant l’inauguration, le mardi 30 mai, le public pourra visiter la chapelle, les portes lui seront ouvertes de 17 h à 19 h. Après l’inauguration, elle sera accessible aux fidèles et aux passants durant la journée, comme toute église.
Dix ans de rénovation
Les travaux de rénovation de la chapelle auront duré presque dix ans. Ils ont été effectués sous l’égide de l’équipe pastorale du secteur paroissial Courfaivre-Courtételle-Develier, les abbés Edgar Imer et Maurice Queloz, et sous la protection de la communauté des Carmélites de Develier. La rénovation de la chapelle de l’Unité à Develier-Dessus est une démarche de communion vers l’unité des chrétiens dont l’histoire a commencé au cours de la montée pascale en 1993 quand les jeunes ont vidé et nettoyé le sanctuaire abandonné.
«Nous sommes les pierres vivantes de l’Eglise»
Le sol de la chapelle a été pavé de pierres marquées au nom des communautés paroissiales du Jura pastoral. Le 15 septembre 1996, jour du Jeûne fédéral, les communautés chrétiennes ont déposé leur pierre, gravée du nom des apôtres, à la limite de la nef et du chœur, autour de celle de l’apôtre Pierre remise par l’évêque au nom de l’Eglise diocésaine. Le chemin de l’Unité, reliant le Carmel Notre-Dame de la Solitude à la chapelle de l’Unité, était inauguré le même jour. Depuis, quelques 200 bénévoles, sous la conduite de Jean-Pierre Lehmann, de Courtételle, ont continué de travailler aux côtés des professionnels à la restauration du site, avec l’approbation de l’Office du patrimoine historique du canton du Jura. Une soirée des bénévoles a d’ailleurs marqué l’achèvement des travaux au mois de mars.
Des liens œcuméniques se sont tissés depuis entre les diverses communautés chrétiennes. Effet visible: la création d’une communauté orthodoxe structurée en ce début d’année dans le Jura pastoral.
Qualités architecturales et historiques
Le début de l’histoire de la chapelle de l’Unité remonte à l’année 1837. L’initiative de l’édification de ce sanctuaire est due à des habitants de Develier-Dessus, une œuvre privée et communautaire comme il y en eut beaucoup. Le qui sera inauguré ce printemps dans le cadre du Jubilé 2000 en témoignera. La chapelle de Develier-Dessus, dont la riche architecture, intérieure et extérieure, correspond au style néoclassique qui s’est développé dans le Jura durant la première moitié du 19ème siècle, fut dédiée à l’Immaculée Conception et à Ste Philomène. Elle fut bénie en même temps que sa cloche le 11 décembre 1838, par le doyen Nicolas Friat, curé de Delémont et fit d’emblée l’objet d’une dévotion particulière et suscita des pèlerinages, en particulier aux Rogations.
Si la chapelle fait aujourd’hui partie intégrante du patrimoine de la communauté ecclésiastique catholique-romaine de Develier, la propriété de l’édifice fut sujette à bien des modifications et complications au cours du siècle passé. Il n’a fait l’objet que de modestes travaux d’entretien. La dernière rénovation extérieure date de 1975. Avec le temps, ce lieu de prière est tombé en désuétude et dans l’oubli, jusque vers 1990. «La conservation des monuments est toujours favorisée par l’affectation de ceux-ci à une fonction utile à la société», dit la Charte de Venise.
La chapelle de l’Unité redeviendra le 25 juin 2000 un lieu de prière et de pèlerinage, «un lieu d’accueil où la bienveillance et le respect à l’égard de tous, de toutes situations et de toutes confessions chrétiennes doivent être de mise, un lieu où tout homme proche ou loin du Christ est le bienvenu». (apic/sic/mr/mk)




