Francfort: Décès d’Irina Alberti, directrice à Paris de la revue «La pensée russe»
«Emotion» au Vatican après la mort de l’amie de Soljenitsyne
Rome, 5 avril 2000 (APIC) Irina Ilovaiskaya-Alberti, directrice à Paris de la revue «La pensée russe», est décédée dans la soirée du 4 avril à Francfort, en Allemagne, victime à 75 ans d’une crise cardiaque. La nouvelle de la mort de cette ancienne collaboratrice de l’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, Prix Nobel de littérature, a été accueillie au Vatican avec «une grande émotion».
Radio Vatican a souligné le 5 avril les liens «profonds» qui liaient l’émigrée russe au pape Jean Paul II et au Saint-Siège. Irina Alberti était née et avait grandi dans l’Eglise orthodoxe, avant de se convertir au catholicisme et de se consacrer au dialogue oecuménique entre les deux Eglises.
«Cette femme de foi et d’espérance a vécu intensément cette mort dramatique de Dieu dans l’espace public de la culture russe», a commenté pour sa part sur Radio Vatican le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la culture, avec lequel Irina Alberti avait beaucoup collaboré.
Une catholique proche de la sensibilité orthodoxe
Présente parmi les auditeurs en octobre dernier à Rome pour le synode pour l’Europe, Irina Alberti était intervenue devant les évêques le 8 octobre pour affirmer que l’accusation de «prosélytisme» de l’Eglise catholique en Russie était selon elle injustifiée, et servait d’»alibi» à une partie de l’Eglise orthodoxe russe pour s’isoler du monde chrétien occidental.
Travail œcuménique avec la radio de l’Eglise orthodoxe russe
Elle-même avait collaboré dans les années 90 – grâce au soutien de l’œuvre d’entraide catholique internationale «Aide à l’Eglise en détresse» (AED) – aux programmes d’une radio chrétienne à Moscou, écoutée surtout par des orthodoxes. Cette collaboration avec «Radio Sofia», la radio du Patriarcat de Moscou, qui émettait des programmes de catéchèse orthodoxe conjointement avec la station radio catholique en langue russe «Radio Blagovest» (Radio Bonne Nouvelle – Invitation à la prière), portée par l’AED et le «Catholic Radio et Television Network» (CRTN) à Bruxelles, avait suscité l’ire des conservateurs au sein de l’Eglise orthodoxe russe, qui dénonçaient les «crypto-catholiques» à l’œuvre au sein de leur Eglise.
Alors que le communisme était en train de s’effondrer en Union soviétique, Irina Ilovaiskaya-Alberti enregistrait dans les studios de Radio Notre-Dame à Paris les émissions en langue russe de «Radio Blagovest», qui étaient ensuite diffusées par la radio nationale lituanienne et biélorusse, et par le réseau de la radio d’Etat russe, relayé par le satellite Horizont. Pour la Sibérie, elles étaient diffusées par l’émetteur catholique de «Radio Veritas», à Manille. Irina Alberti suivait de près les développements religieux en ex-URSS. (apic/imed/be)




