Pas seulement une question morale et éthique, une question de foi

ARM: Milan Opocensky: le combat contre l’injustice est au centre du message de l’Evangile

Genève, le 7 avril 2000 (APIC) «La réflexion théologique et l’action pratique ne sont jamais séparées» dans la tradition réformée, souligne le secrétaire général sortant de l’Alliance réformée mondiale (ARM), Milan Opocensky, qui vient de prendre sa retraite à l’âge de 68 ans.

Milan Opocensky a été secrétaire général de l’ARM, qui a son siège au Centre oecuménique de Genève, pendant plus de dix ans. Théologien originaire de la République tchèque, Milan Opocensky t a pris sa retraite le 31 mars.

Expliquant le caractère distinctif de la tradition réformée, qui remonte au 16e siècle, avec Jean Calvin, John Knox, Ulrich Zwingli, et avant eux, d’autres réformateurs dont le Tchèque Jan Hus, Opocensky affirme que «la responsabilité en politique et dans tous les domaines de la vie politique et sociale est le charisme de la tradition réformée».

La lutte contre l’injustice et la destruction de l’environnement au centre de la foi chrétienne

Avant de rejoindre son poste à l’ARM en 1989, Milan Opocensky, était professeur d’éthique à la Faculté de théologie protestante Comenius à Prague, fonction qu’il occupait depuis 1973. Durant son mandat de secrétaire général, Milan Opocensky a mis l’accent sur la nécessité pour les Eglises de placer la lutte contre l’injustice économique et la destruction de l’environnement au centre de la foi chrétienne. Selon lui, un des points forts de cette période a été la décision, en 1997, de l’Assemblée générale de l’ARM de demander aux Eglises membres de faire de cette lutte une priorité.

«Nous considérons ceci non seulement comme des questions morales ou éthiques, mais comme une question de foi», a déclaré Milan Opocensky en ajoutant que ce processus marquerait «une avancée importante dans la discussion oecuménique». Œcuméniste engagé, lié au Conseil oecuménique des Eglises (COE) dans les années 60, secrétaire européen de la Fédération universelle des associations chrétiennes d’étudiants de 1967 à 1973, Milan Opocensky avait pris ses fonctions le 1er octobre 1989, juste quelques semaines avant la révolution de velours qui a balayé le communisme dans son pays, la Tchécoslovaquie.

L’effondrement brutal du communisme l’a surpris

Il admet qu’il n’avait pas, comme d’ailleurs un certain nombre d’experts, prévu les changements qui allaient bouleverser l’Europe orientale. Mais il considère sa nomination comme «providentielle en quelque sorte». En effet, venant d’un pays communiste, il a pu aider l’ARM et Eglises membres à faire face aux changements entraînés par la chute du communisme. Milan Opocensky a déclaré avoir été surpris de son élection, ne pouvant imaginer qu’une organisation mondiale pourrait élire une personne «ayant le passeport d’un pays communiste». Il a fait d’ailleurs l’éloge de «l’esprit novateur» de l’ARM, étant donné les «prééjugés» à l’égard des «pays socialistes d’Europe de l’Est».

Milan Opocensky pense que son expérience de l’Eglise dans un pays dirigé par des communistes lui a permis de soutenir les petites Eglises minoritaires au sein de l’organisation, qui compte aujourd’hui 215 Eglises membres dans 106 pays. Déçu que le mouvement oecuménique n’ait pas progressé davantage durant sa période à la tête de l’ARM ? Le théologien tchèque admet que sa génération avait de grandes espérances, en particulier dans les années 60, «rêvant d’une nouvelle société et d’un être humain nouveau, sans prévoir toutes les complications». «Mais ceci ne nous a pas abattus. Nous continuerons d’apporter à la société en général la vision du Royaume». (apic/eni/be)

7 avril 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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