Premier bienheureux colombien dans l’histoire de l’Eglise

Rome: Le pape Jean Paul II proclame cinq nouveaux bienheureux sur la place Saint-Pierre

Rome, 9 avril 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II a proclamé dimanche 9 avril cinq nouveaux bienheureux lors d’une messe solennelle célébrée sur la place Saint-Pierre. Il s’agissait du Père Mariano de Jesus Euse Hoyos (1845-1926), premier bienheureux colombien dans l’histoire de l’Eglise. Le pape en a profité pour lancer un appel à la paix et à la justice sociale en Colombie.

Les autres bienheureux sont le Père Francesco Saverio Seelos (1819-1867), rédemptoriste allemand ayant vécu aux Etats-Unis, Sœur Maria Elisabeth Hesselblad (1870-1957), religieuse suédoise fondatrice de l’Ordre du Saint-Sauveur de Sainte Brigitte, Sœur Anna Rosa Gattorno (1831-1900), religieuse italienne fondatrice de l’Institut des Filles de Sainte Anne, et Sœur Mariam Theresia Chiramel Mankidiyan (1876-1926), religieuse indienne fondatrice de la Congrégation de la Sainte Famille.

Avec cette nouvelle cérémonie de béatification, le 9 avril 2000, le pape Jean Paul II aura, au cours de 121 célébrations, proclamé 987 bienheureux, certains ayant fait partie depuis des 295 personnes qu’il a canonisées. Auparavant, on comptait un total de 808 bienheureux et de 296 saints proclamés par les papes précédents depuis la fondation de la Congrégation pour les causes des Saints en 1588.

Forte présence colombienne

Jean Paul II a d’abord évoqué dans son homélie la figure du Père Mariano de Jesus Euse Hoyos, sous les applaudissements des nombreux Colombiens présents, parmi lesquels le président de la Conférence épiscopale de Colombie lui-même, l’archevêque de Medellin, Mgr Alberto Giraldo Jaramillo.

Le pape a souligné l’engagement «infatigable» du «Padre Marianito», qui a travaillé pendant près de 50 ans à l’évangélisation des enfants et des adultes, et spécialement des paysans. «Que son témoignage lumineux de charité, de compréhension, de service, de solidarité et de pardon, soit un exemple en Colombie, a insisté Jean Paul II, et également une aide précieuse pour continuer à travailler pour la paix et la pleine réconciliation dans ce cher pays».

Le pape a en effet rappelé que le 9 avril 1948, exactement 52 ans auparavant, a marqué le début des conflits et des violences en Colombie, alors que des émeutes sanglantes éclataient à Bogota. «Que cette année du grand Jubilé marque le début d’une étape dans la construction par tous les Colombiens d’une nouvelle Colombie, fondée sur la paix, la justice sociale, le respect de tous les droits humains, et l’amour fraternel entre les fils d’une même patrie», a-t-il ajouté.

Avant de réciter la prière de l’angélus, à l’issue de la cérémonie, Jean Paul II devait de nouveau évoquer les tensions internes de la Colombie, en souhaitant que ses habitants puissent voir respecter «leur droit à la paix, base du développement des autres droits».

Une religieuse suédoise convertie «pionnière de l’œcuménisme»

Parlant par ailleurs de Sœur Maria Elisabeth Hesselblad comme d’une «pionnière de l’œcuménisme», le pape a insisté sur son engagement en faveur de l’unité des chrétiens, et particulièrement de l’unité entre les luthériens et les catholiques. Elle-même en effet, Suédoise née dans une famille luthérienne, s’était convertie au catholicisme. «Que Dieu bénisse et fasse fructifier les efforts de l’Eglise pour construire une communion toujours plus profonde et encourager une collaboration toujours plus efficace parmi tous ceux qui suivent le Christ», a commenté Jean Paul II.

Evoquant ensuite en anglais l’apostolat itinérant du Père Francesco Saverio Seelos au milieu des communautés d’immigrés aux Etats-Unis, le pape a salué son «enthousiasme, esprit de sacrifice et zèle apostolique», et proposé en exemple «les heures qu’il a passées dans son confessionnal, par lesquelles il en a convaincu beaucoup de revenir à Dieu». Enfin, Jean Paul II a rendu hommage à «la sensibilité et l’attention maternelle envers toute misère humaine» de Sœur Anna Rosa Gattorno, veuve devenue religieuse, et à «l’esprit contemplatif et l’amour du pauvre» de la religieuse indienne Sœur Mariam Theresia Chiramel Mankidiyan.

En l’honneur de cette dernière plusieurs évêques de l’Eglise syro-malabare étaient venus d’Inde, parmi lesquels l’archevêque majeur de Ernakulam-Angamaly, Mgr Varkey Vithayathil,

administrateur apostolique de cette Eglise, présente principalement dans l’Etat indien du Kérala où a vécu la religieuse. Un chœur de chanteurs et musiciens indiens a par ailleurs conclu la cérémonie par un chant de rite syro-malabar. (apic/imed/be)

9 avril 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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