Au gouvernement et à la guérilla de faire un effort maintenant

Mexico: Le cardinal Juan Iñiguez : l’Eglise a fait son travail au Chiapas

Mexico, 12 avril 2000 (APIC) «L’Eglise catholique a apporté sa quote-part à la pacification au Chiapas au Mexique en nommant un nouveau pasteur à la tête du diocèse de San Cristobal. Au gouvernement de faire en sorte que l’effort de recherche de la paix porte ses fruits», a déclaré le cardinal Juan Sandoval Iñiguez, archevêque de Guadalajara.

Se référant à la désignation de Mgr Felipe Arizmendi Esquivel pour succéder à Mgr Samuel Ruiz Garcia, «l’évêque des Indiens» du Chiapas, alors que son siège de San Cristobal de las Casas aurait normalement dû revenir à Mgr Vera Lopez, son coadjuteur avec droit de succession, transféré sur le siège de Saltillo, dans le nord du pays, le cardinal est d’avis que «dans le conflit du Chiapas, c’est à présent au gouvernement d’y mettre du sien, tandis que les zapatistes doivent déposer les armes».

«Pour désentraver les négociations de paix, c’est au tour du gouvernement et des zapatistes de faire preuve de bonne volonté maintenant que l’Eglise a changé les évêques dans cette région du sud-est mexicain», a ajouté le cardinal mexicain. Et d’inviter le gouvernement à «faire quelque chose de concret pour les indigènes, qu’il les sorte de la misère». Quant aux zapatistes, «qu’ils se départissent de leur attitude de violence. S’ils veulent faire quelque chose pour le Mexique, ils doivent le faire par la voie civile, en se transformant en un parti politique ou en s’alliant avec un parti, et cesser de militer par les armes, pour le bien du Mexique».

De son côté, Mgr Arizmendi, le nouvel évêque de San Cristobal de las Casas, a averti que la paix ne reviendra pas au Chiapas «tant que perdurent les calomnies, les faux témoignages, les accusations sans fondement, les procédures pénales irrégulières, les violations des droits humains et l’arbitraire chez ceux qui exercent un quelconque pouvoir».

Eliminer la corruption

«Pour faire régner la paix et la justice dans cet Etat, a ajouté le nouvel évêque de San Cristobal, il faut éliminer la corruption, les injustices de la part de ceux qui exploitent les pauvres, les abus dont sont victimes les travailleurs sans défense, le mépris dans lequel sont tenus les migrants, les insultes viscérales et irresponsables dont on abreuve ceux qui ont des options politiques différentes, les vengeances, les haines, les invectives et le manque de respect des institutions».

Pour Mgr Arizmendi, il est urgent de lutter contre ces péchés. Faute d’une conversion du coeur, on ne pourra que continuer à «envenimer l’atmosphère sociale et à susciter la méfiance à l’égard de tout et de tous», a-t-il conclu. (apic/cip/mk)

12 avril 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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