Le statut de Jérusalem évoqué?

Rome: Jean Paul II recevra jeudi le roi du Maroc

Rome, 12 avril 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II recevra jeudi, pour la première fois, le roi du Maroc, Sidi Mohammed VI. Lors de cette audience, Jean Paul II devrait évoquer la question du statut de Jérusalem.

Intronisé le 30 juillet 1999, le nouveau souverain marocainest en effet le chef du Comité d’Al-qods, Al-qods – «Ville Sainte» -, nom que les arabes donnent à Jérusalem. Créé il y a plus de 20 ans au sein de l’Organisation de la Conférence islamique, ce comité de la Ligue arabe s’oppose à la souveraineté d’Israël sur Jérusalem.

«Nous avons à peu près la même position que le pape à ce sujet», affirme l’ambassadeur du Maroc près le Saint-Siège, Abdelouhab Maalmi. «Nous ne voulons pas de domination des Israéliens sur Jérusalem, pour que la ville puisse être ouverte à tous les arabes, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Nous voulons une Jérusalem pour deux peuples et trois religions».

Abdelouhab Maalmi assure ensuite que le voyage du pape en Terre Sainte a contribué à créer un climat qui ne peut qu’être favorable dans la recherche d’une solution pour Jérusalem, et pour le processus de paix au Moyen-Orient. «Le pape a, une position équilibrée et rationnelle, qui privilégie, comme le fait le Maroc, la justice, la paix et le droit», conclut le diplomate marocain.

Lors de sa visite au Vatican le 2 avril 1980, Hassan II, le père de l’actuel roi du Maroc, avait déjà parlé avec Jean Paul II du statut de Jérusalem. Dans une lettre personnelle, Hassan II avait expliqué au pape la position des pays islamiques dont il était le porte-parole. A cette même occasion, il avait invité le pape à venir au Maroc, non pas en tant que chef d’Etat, mais en tant qu’autorité religieuse, lui-même étant «Amir al-Muminime», à savoir «Commandeur des croyants», et «35e descendant de Mahommet».

Jean Paul II s’est rendu effectivement au Maroc le 19 août 1985 pour sa première visite dans un pays islamique. Il a parlé ce jour-là à 50’000 jeunes musulmans rassemblés dans un stade de Casablanca.

Renforcer les liens avec le Saint-Siège

Pour l’ambassadeur, cette visite de Mohammed VI est donc l’occasion de renforcer des relations déjà «excellentes» entre le Saint-Siège et le Maroc, où les catholiques, bien qu’étrangers et minoritaires, sont bien acceptés. Ces derniers sont environ 25’000 sur une population d’environ 28 millions habitants. Ils sont répartis en deux archidiocèses. L’Eglise catholique bénéficie d’un statut juridique propre depuis 1983. (apic/imed/mk)

12 avril 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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