L’Eglise dénonce une atteinte à la liberté religieuse
Inde: Interdiction des conversions forcées au Gujarat?
New Delhi, 2 mars 2000 (APIC) L’Etat de Gujarat, dans l’ouest de l’Inde, devrait approuver bientôt un «document sur la liberté de religion» qui interdit les conversions «faites par la force, la persuasion ou par des moyens frauduleux». L’affaire suscité un nouveau le mécontentement dans la communauté chrétienne du Gujarat. Les chrétiens redoutent en effet une forte réduction des activités missionnaires. «Le travail des missionnaires dans l’éducation et dans le soin des malades pourra être aisément déformé»…
Le document, présenté à l’Assemblée législative de l’Etat au mois d’août 1999, par un membre du «Bharatiya Party» (BJP), Parti nationaliste hindou qui gouverne aussi l’Etat central, est actuellement en discussion. Le BJP détenant la majorité absolue à l’Assemblée, il sera approuvé sans difficulté, même si, avant de prendre force de loi, il devra encore être approuvé par le chef de l’Etat.
Le document prévoit des peines sévères pour les «coupables»: jusqu’à trois ans de prison et des amendes jusqu’à 50 dollars. Si la victime est un enfant mineur ou une femme, la peine est doublée. Le document accorde au Gouvernement de l’Etat le pouvoir de traiter les cas de conversion «en priorité», dans des tribunaux spéciaux ; il confie les enquêtes à des fonctionnaires de police. Les parents, les amis et les connaissances des personnes placées sous enquête sont tenus de donner des informations et de collaborer avec les enquêteurs, sinon ils encourent le risque d’être soumis aux mêmes peines.
La crainte des minorités religieuses locales est de voir le document exploité par les fondamentalistes hindous, avec des accusations fausses, pour devenir un moyen de les persécuter légalement. Un avocat de la Cour Suprême de l’Etat estime qu’il viole l’article 25 de la Constitution de l’Inde qui garantit la liberté de propager sa propre religion. Des organisations locales de la société civile cherchent un appui international et demandent que des pressions soient exercées sur le Gouvernement central de l’Inde, parce que le document «viole les droits humains des minorités».
Le but caché de cette loi
Cette affaire a suscité un nouveau mécontentement et de la crainte dans la communauté chrétienne du Gujarat. Les chrétiens redoutent une forte réduction des activités missionnaires. «Le travail des missionnaires dans l’éducation et dans le soin des malades pourra être aisément déformé», affirme l’un d’eux, car même si le texte insiste sur la protection des personnes face aux conversions forcées, «le but caché de la loi est d’arrêter l’activité missionnaire».
Les fondamentalistes hindous continuent d’accuser les missionnaires chrétiens de faire du prosélytisme sous le couvert du service social. Au Gujarat, après l’explosion de la violence anti-chrétienne en 1998, on a dénombré 70 attaques contre des chrétiens ou contre des institutions chrétiennes. En visite en Inde en novembre 1999, Jean Paul II a rappelé de son côté qu’»aucun Etat, aucun groupe n’a le droit de contrôler directement ou indirectement les convictions religieuses d’une personne». (apic/cip/eda/pr)




