L’Eglise de Corse favorable à une consultation sur l’avenir de l’île
Corse: Les Corses constituent un peuple, écrit dans un document le Conseil épiscopal corse
Bastia, 5 mars 2000 (APIC) L’évêché d’Ajaccio, en Corse, apporte sa contribution au débat sur le devenir de l’île. Il souhaite également que la population soit consultée sur son avenir, «dans le respect le plus strict des règles de la démocratie». Pour l’Eglise de l’île, les Corses constituent bel et bien un peuple.
Dans un document de 4 pages intitulé «L’Eglise catholique et le débat sur l’avenir de la Corse», Mgr André Lacrampe, évêque d’Ajaccio, relève qu’il est «de notre responsabilité de prendre part à ce débat pour justifier l’intrusion de l’Eglise dans le débat sur l’avenir institutionnel, culturel et économique de la Corse. Nous n’avons pas à être silencieux. L’Eglise est dans le monde de ce temps».
Les huit signataires du document, dont l’évêque d’Ajaccio et les principales autorités ecclésiastiques de l’île, reconnaissent ainsi aux Corses le droit de constituer un peuple. A condition qu’il se donne les moyens d’assurer leur propre développement. «Si les Corses vérifient dans les faits leur capacité à exercer cette responsabilité, ils auront pleinement le droit de se désigner eux-mêmes et d’être reconnus par les autres comme un peuple, quelle que soit la signification juridique que les uns et les autres attachent à ce mot».
De même, le Conseil épiscopal de l’île considère que «l’exigence première que des modifications institutionnelles ne saurait occulter, est bel et bien une maîtrise de plus en plus grande par la population du développement de l’île».
Les signataires souhaitent que l’ensemble de la population soit consultée sur son devenir institutionnel, «dans le respect le plus strict des règles de la démocratie». Le moment viendra, ajoutent-ils, où la consultation de la population s’imposera et cette fois en vue de la décision. Ils considèrent «positivement toutes les dispositions qui permettent à une collectivité comme la nôtre d’assumer, dans de bonnes conditions, une maîtrise plus directe de son destin».
En attendant cette échéance référendaire, les responsables ecclésiaux, tout en se réjouissant de la trêve, osent «demander davantage pour qu’enfin soit radicalement exorcisée la violence meurtrière: que toutes les organisations, qui ont prôné la lutte armée, aillent jusqu’à déposer les armes sans attendre le terme des négociations». (apic/com/cx/pr)




