Les éévêques de Sarajevo par la sentence

Sarajevo: Sentiment d’injustice dles catholiques croates après la condamnation de Blaskic

Sarajevo/Zagreb, 8 mars 2000 (APIC) Le sentiment d’injustice et de frustration domine chez les catholiques croates tant en Bosnie-Herzégovine qu’en Croatie après la condamnation à une peine record de 45 ans de prison de Tihomir Blaskic pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Le général croate de Bosnie est le premier officier d’un tel rang à être condamné par les juges de La Haye. Les Croates estiment avoir eux aussi été victimes des attaques musulmanes en Bosnie centrale.

Dans un communiqué rendu public par l’agence de presse catholique croate IKA, à Zagreb, le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, et son auxiliaire Mgr Pero Sudar, ainsi que Mgr Josip Bozanic, archevêque de Zagreb et président de la Conférence épiscopale croate, se sont fait l’écho de la frustration croate. Ils parlent de , , qui ne serait pas basée sur des preuves.

La chambre de première instance du Tribunal pénal internaional (TPI) pour l’ex-Yougoslavie a infligé vendredi 3 mars à Blaskic, alors colonel des forces croates de Bosnie (HVO), une peine exemplaire pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Le TPI a en outre dénoncé le rôle de la Croatie et de son ex-président Franjo Tudjman dans la guerre en Bosnie (1992-1995), évoquant ses intentions de partager la Bosnie avec le chef de la Serbie Slobodan Milosevic.

Le général Blaskic a personnellement ordonné des attaques contre les civils

Le général Blaskic a été reconnu coupable d’avoir «personnellement ordonné» des attaques systématiques contre les populations musulmanes de la vallée de la Lasva (centre de la Bosnie) de la moitié de l’année 1992 au début 1994. Il a en outre été reconnu coupable d’avoir manqué à ses devoirs de supérieur en ne punissant ni n’empêchant ses subordonnés de commettre des crimes. Parmi les plus graves crimes, le TPI mentionne le massacre en avril 1993 de la population musulmane du village d’Ahmici. Cinq Croates de Bosnie ont étéé condamnés pour ce crime en janvier dernier à des peines de 6 à 25 ans de prison. Le TPI doit juger à partir du 13 mars un autre général, le Serbe de Bosnie Radislav Krstic, accusé d’avoir été en 1995 l’un des bourreaux de l’enclave musulmane bosniaque de Srebrenica.

Dans son communiqué, Mgr Bozanic soutient que la condamnation du général Tihomir Blaskic à La Haye a étonné le public et provoqué de nombreuses réactions en Croatie. Et le président de la Conférence épiscopale croate de signaler qu’il prie Dieu, avec ceux qui souffrent au sein du peuple croate et des fidèles de l’Eglise catholique croate, >, poursuit l’archevêque de Zagreb. Qui estime peu honorable de profiter du moment pour manipuler l’opinion publique pour d’étroits intérêts politiques ou idéologiques. >

Le cardinal Vinko Puljic et son auxiliaire, Mgr Pero Sudar, rappellent d’abord qu’ils n’ont pas pour principe de s’exprimer sur l’autorité et la liberté d’une quelconque cour de justice qui, en se basant sur des preuves, juge quelqu’un raisonnablement suspect d’avoir violé de justes lois. Ils soulignent leur accord que tout crime doit être puni, en particulier les crimes commis pendant et après la guerre en Bosnie-Herzégovine,

Mais, relèvent-ils, « l’approche prise par les représentants de la communauté internationale, particulièrement par ceux de certains pays, durant et après la guerre, spécialement son tribunal de La Haye, a soulevé de sérieux doutes concernant leur partialité dans la séélection et la manière d’arrêter les suspects de crime de guerre. La sentence concernant le général Blaskic apparaît confirmer tous nos doutes et nos craintes.>> Pour les chefs de l’Eglise catholique de Sarajevo, cette sentence sévère n’est pas basée sur des évidences et le TPI n’a pas condamné un homme pour ce qu’il a fait. S’ils ne mettent pas en doute les bonnes intentions des juges de La Haye, ils leur rappellent que leur recherche de la vérité devrait les conduire à voir les autres faits et crimes qui ont été commis dans le pays.

Le crime d’Ahmici doit être élucidé et ses auteurs punis

Exprimant leur chagrin pour les victimes d’Ahmici et leur soutien pour que ce crime soit minutieusement élucidé et leurs auteurs punis comme il convient, les deux prélats demandent aux s’ils savent où se trouvent Buhine kuce, Dusina, Trusina, Uzdol et Bugojno, . Le cardinal Puljic et Mgr Sudar estiment que par ce verdict, le TPI a démontré qu’il n’est pas au fait de ce qui s’est passé en Bosnie-Herzégovine durant la guerre et de ce qui continue à se passer durant cette période d’après-guerre.

8 mars 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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