Inde: Assemblée du Conseil national des Eglises
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Les Eglises invitées à lutter contre le fanatisme
Rapprochement avec l’Eglise catholique: un grand pas a été fait
Ranchi/Inde, 9 mars 2000 (APIC) L’Assemblée du Conseil national des Eglises de l’Inde, qui vient de s’achever, lance un appel aux Eglises de ce pays multiconfessionnel, les invitant à être plus «ouvertes» dans leurs relations avec d’autres groupes religieux. Autre décision: le rapprochement avec l’Eglise catholique a été décidé. Un grand pas a été fit dans ce sens, au point que les Bureaux de deux commissions ont été déplacés à New Delhi, là où la Conférence des évêques de l’Inde a son siège.
«L’Eglise est appelée à s’employer sans relâche à développer la compréhension réciproque avec les gens d’autres confessions», peut-on lire dans le message officiel publié à l’issue de l’Assemblée, le 6 mars dernier. Ce genre d’Assemblée a lieu tous les quatre ans. En même temps le message exhorte les Eglises à lutter contre le fanatisme hindou et le renforcement du système de castes.
En vue de renforcer la coopération oecuménique, le Conseil, dont les 29 Eglises membres protestantes et orthodoxes totalisent 10 millions de chrétiens, va resserrer ses liens avec la Conférence épiscopale de l’Inde, qui représente 16 millions de catholiques. «Il est temps que nous vivions notre foi et supprimions tous les démons, pour édifier une communauté ouverte à tous», indique-t-on dans le document final, approuvé à l’unanimité par les 350 représentants et responsables des Eglises membres.
Les chrétiens ne représentent que 2,32 % des habitants de l’Inde (un milliard). Le pays compte une multitude de communautés religieuses, dont la plus importante est la communauté hindoue, qui compose 80 % de la population.
Le message qualifie les récentes accusations des fondamentalistes selon lesquelles les Eglises pratiquent des «conversions forcées» de «simple épouvantail et de couverture pour terroriser l’Eglise et l’empêcher de s’occuper des pauvres et de défendre leur dignité et leurs droits». Les violences à l’encontre des chrétiens perpétrées par ces fondamentalistes hindous donnent à l’Eglise l’occasion de «témoigner de la foi», souligne encore le message, qui sera traduit dans une vingtaine de langues indiennes et distribuées dans les paroisses.
Pas de simples attaques
Le document exhorte aussi les Eglises à «s’engager à combattre les efforts de fondamentalistes hindous qui visent à restaurer l’hégémonie des castes supérieures» sur les castes inférieures et les populations marginalisées de la société indienne.
Le président sortant du Conseil, le laïc luthérien K. Rajaratnam, a averti les délégués que «nous ne devons pas assimiler les attaques à notre encontre à de simples attaques contre une communauté minoritaire. Ce sont des attaques contre le fondement laïc de la nation par des forces opposées à la sécularisation et à la justice sociale».
Une résolution adoptée par les participants exhorte enfin les Eglises à s’associer avec «des groupes de défense des droits et des mouvements laïcs pour lever les obstacles dressés par des fondamentalistes hindous». En vue d’assurer le suivi de cette résolution, l’Assemblée a autorisé les instances dirigeantes du Conseil à prendre les mesures appropriées pour renforcer la collaboration avec l’Eglise catholique – la plus grande Eglise de l’Inde – et des groupes laïcs.
Bureaux déplacés à New Delhi
Comme première étape sur la voie du «rapprochement et de la coopération» avec l’Eglise catholique, le Conseil a décidé de déplacer les bureaux de son secrétaire général et des Commissions de la Communication et des Affaires nationales de Nagpur, en Inde centrale, à New Delhi, la capitale, où la Conférence épiscopale a son siège.
L’Assemblée a aussi décidé d’examiner la possibilité de mettre en place une «Conférence des évêques et des responsables d’Eglise pour les Eglises membres du Conseil, sur la base de celle de la Conférence épiscopale, en vue de faciliter les relations entre les responsables». (apic/eni/pr)




