Brésil : Des religieux dénoncent la terreur policière dans l’Etat du Parana
Des familles de paysans menacées par des «pistoleiros»
Brasilia, 15 mars 2000 (APIC) Des personnalités religieuses et intellectuelles du Brésil, parmi lesquelles le théologien de la libération Frei Betto et Mgr Tomas Balduino, ancien évêque de Goias Velho, président national de la Commission de la Pastorale de la Terre (CPT), dénoncent la stratégie de la répression engendrant la terreur dans tout l’Etat du Parana contre des paysans sans terre.
Dans un document publié récemment, les signataires précisent que de nombreuses familles attendant une terre pour vivre et travailler subissent les menaces des «pistoleiros» (milices privées des propriétaires terriens) et des policiers armés d’explosifs et d’armes à feu: Ces derniers n’hésitent pas à les agresser à coups de poings et de pieds au cours des expulsions des «fazendas» (propriétés terriennes) occupées.
Le document se veut un cri de solidarité avec ceux qui se battent pour la justice envers les paysans sans terre, dans un pays exploité depuis 500 ans. «Touchés par la recrudescence de la violence et de la répression contre les travailleurs sans terre de l’Etat de Parana», les signataires commentent également les chiffres fournis par la CPT. «Cela démontre la gravité de la violence subie par les paysans sans terre : depuis 1995, 14 ont été assassinés, 409 arrêtés, 44 menacés de mort, 136 blessés, 5 torturés au cours d’au moins 120 évacuations forcées. Depuis le début de cette année, il y a eu 96 arrestations et 12 expulsions lors desquelles 46 personnes ont été blessées, des femmes et des enfants pour la plupart».
De son côté, le pouvoir judiciaire se montre complice de ces méthodes répressives, en étant les alliés objectifs des grands propriétaires et de leurs milices armées. Les signataires concluent : «Comme une grande partie de la société brésilienne, nous ne pouvons tolérer que la question de la terre continue à être gérée de cette manière. Nous demandons aux autorités fédérales et nationales d’intervenir immédiatement pour s’occuper de la vie de ces familles et de leur droit à la terre, en évitant que la situation, déjà grave, ne dégénère. Nous demandons le respect du droit à la vie de tous ceux qui subissent des menaces de mort, en particulier de Darci Frigo, avocat de la CPT du Parana». (apic/cip/ba)




