«Nous sommes transformés» (paysanne d’Inde)

Dans l’Etat indien du Madhya Pradesh, de nombreux membres des Adivasis (aborigènes du continent indien) et des Dalits (»intouchables») subissent encore une situation de dépendance envers les propriétaires terriens proche de l’esclavage.

Pour aider ces personnes à mener une existence digne, l’œuvre d’entraide indienne TREND, un partenaire de l’Action de Carême, a lancé une nouvelle initiative en collaboration avec les organisations locales: la banque du riz locale. Durant la récolte, où même les sans-terre disposent de quelques revenus car ils s’engagent, en tant que journaliers, auprès des grands propriétaires terriens, tous les membres de l’organisation villageoise apportent une quantité de paddy (riz non décortiqué se conservant bien) à la banque du riz. Dans la plupart des cas, il ne s’agit que de 10 ou 20 kilos par famille, de sorte que même les familles les plus démunies peuvent participer à l’initiative. Durant la saison sèche, les villageois ouvrent leur banque du riz et octroient des crédits à ceux qui en ont le plus besoin. Majorés d’un intérêt modique, ces crédits devront être remboursés après la prochaine récolte. Les pauvres ne dépendent donc plus des prêteurs qui accordent leurs crédits à des taux usuraires dépassant en général 100 % par an.

Avec l’appui de leurs propres organisations et sécurisés par l’existence des banques du riz, les sans caste sont devenus des citoyens et des citoyennes engagés pour défendre leurs droits.

«Depuis que nous avons réussi à nous libérer de la servitude de la dette, nous ne sommes plus les mêmes», déclare une vieille paysanne, propos approuvés par les autres membres de l’organisation villageoise. (apic/cp/ba)

19 mars 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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