Multiplicité des sectes, une menace sur les collectivités

Ouganda: Suicide collectif à Kanungu

Kanungu, 20 mars 2000 (APIC) D’après les autorités de Kampala, le bilan du suicide collectif des adeptes de la secte du «Mouvement pour la Restauration des Dix Commandements de Dieu» fait état de 400 à 600 morts. Les membres de la secte apocalyptique se sont en effet immolés par le feu vendredi dernier près de Kanungu (340 km au sud ouest de Kampala).

«Nous ne savons pas encore combien de personnes sont mortes exactement ni qui elles sont, car les nombreux corps carbonisés à l’intérieur de l’église forment une masse compacte», a déclaré samedi l’inspecteur en chef Joseph Kisembo. Au cours de la soirée de dimanche, le porte parole de la police, Eric Naigambi, a annoncé que la zone de Kanungu serait interdite d’accès à la presse et que les victimes seraient enterrées dans une fosse commune.

Kampala a dépêché sur place une équipe d’enquêteurs pour tenter de déterminer les circonstances du drame dont les acteurs sont, selon la police, des membres d’une secte apocalyptique s’étant livrés à un «apparent rituel de suicide collectif».

Les enquêteurs ont découvert que les portes et les fenêtres du hangar où s’est tenu le rite macabre avaient été scellées pour empêcher toute fuite éventuelle. La police a précisé qu’elle ignore si Joseph Kibwetere, chef de la secte du «Rétablissement des Dix Commandements de Dieu», figure parmi les victimes.

La police rapporte que le mouvement faisait l’objet d’une enquête, depuis 3 ans, pour mauvais traitements et séquestrations de mineurs. Aucun indice ne laissait prévoir une fin aussi dramatique. On sait seulement que les membres de la secte se préparaient à affronter l’an 2000 comme l’année du jugement universel.

Multiplication des sectes

La multiplication des sectes fait peser une menace sur la collectivité. Au cours des deux derniers mois, la police a pris d’assaut une ferme qui servait de campement à l’»Eglise du Dernier Message d’Avertissement Mondial», une secte apocalyptique dont des membres sont accusés d’enlèvements d’enfants et d’abus sexuels sur des mineurs. La police avait dû disperser le 19 novembre 1999, un rassemblement illégal d’une autre secte adepte de la «prophétesse Nabassa Gwajwa» dont les adeptes sont soupçonnés par les habitants de la région de se livrer à des orgies sexuelles.

La zone du drame est proche de la frontière avec la République du Congo démocratique.(apic/afp/misna/mk)

20 mars 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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