Un hommage rendu à la nature historique du christianisme
Terre Sainte: Pour le cardinal Martini, ce voyage est le plus important effectué par le pape
Milan, 21 mars 2000 (APIC) Le voyage du pape Jean Paul II en Terre Sainte est le plus important parmi tous ceux qu’il a effectués tout au long de son pontificat, écrit le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan, dans un article publié dans le quotidien italien «La Repubblica».
«Un voyage unique, riche en symboles et en gestes», au lendemain de ce «jamais plus» par lequel l’Eglise catholique a demandé pardon pour les souffrances infligées tout au long de l’histoire, écrit le cardinal jésuite. Le pèlerinage du pape, souligne le prélat de Milan est «un hommage rendu à la nature historique du christianisme, un message qui se base sur des faits survenus dans des lieux et à des époques bien déterminés et non sur des théories abstraites, des déductions tirées a priori ou encore des proclamations désincarnées».
Une recherche de la mémoire du passé, mais également «la rencontre avec tous les hommes religieux de la région, héritiers de l’histoire passée, marquée par des lacérations douloureuses et des blessures encore ouvertes». Pour l’archevêque, ce voyage devrait être entendu comme un effort sincère visant à surmonter les visions du passé.
Le pape prônera le dialogue franciscain
«Jean Paul II va en Terre Sainte pour indiquer au monde, comme l’a fait saint François, qu’un dialogue pacifique avec tout le monde est possible», écrit de son côté le Père Giacomo Bini, ministre général des Frères Mineurs, dans une lettre adressée à tous les religieux de l’Ordre franciscain. Durant son pèlerinage en Terre Sainte, le pape ira en effet prier dans les sanctuaires franciscains gérés par la Custodie franciscaine.
Dans sa lettre, le père Giacomo Bini rappelle que «la présence des fils de saint François a été caractérisée également par le soin des communautés chrétiennes, vivant dans ces terres en luttant contre mille difficultés, à travers le travail pastoral et le soutien concret par des œuvres éducatives, médicales et caritatives».
Il ne faut pas oublier non plus, dit le père Bini, le service d’accueil et l’accompagnement des pèlerins, œuvres qui ont promu le dialogue avec toutes les communautés chrétiennes, les musulmans et les juifs.
Une lettre écrite par Karol Wojtyla en 1963
A l’occasion de la venue du pape, le site de la Custodie Franciscaine a publié une lettre écrite par le Souverain Pontife quand il était encore Mgr Karol Wojtyla. Le texte du document, ressemblant à un journal de voyage, est disponible à l’adresse Internet de la Custodie franciscaine de Terre Sainte (
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Du 5 au 15 décembre 1963, l’ancien vicaire capitulaire de Cracovie était allé en pèlerinage en Terre Sainte avec d’autres Pères conciliaires, durant l’une des pauses dans les travaux du Concile Vatican II et peu avant le pèlerinage du pape Paul VI. On conserve de cette visite une lettre que Mgr Wojtyla a adressée aux prêtres de son diocèse en date du 10 janvier 1964, dans laquelle il illustrait les étapes de son pèlerinage et offrait aux prêtres des idées pour la réflexion et la catéchèse.
A la sortie de la Basilique du Saint Sépulcre, Mgr Wojtyla remarquait que «la coexistence des confessions – les catholiques romains (Franciscains), les Grecs orthodoxes et les Arméniens qui célèbrent leurs fonctions religieuses – ne scandalise point au premier abord, bien qu’une telle coexistence cache la division du christianisme, si contraire au désir de Jésus qui voulait ’que tous soient un’.
«Dans cette étape de l’histoire de l’Eglise, durant le Concile Vatican II, concluait Mgr Wojtyla, les Lieux Saints nous parlent continuellement de la même vérité : la vérité de la Rédemption du monde. Tout homme à qui a été donnée l’occasion de s’approcher davantage de cette vérité devrait être le témoin de Dieu, qui a dressé sa tente parmi les hommes». (apic/cip/mk)




