Le porte-parole du Saint-Siège commente la rencontre interreligieuse du 23 mars

Le porte-parole du Saint-Siège Joaquin Navarro Valls a commenté l’atmosphère très tendue de la rencontre interreligieuse à laquelle avait participé Jean Paul II jeudi soir à l’Institut pontifical «Notre-Dame of Jerusalem Center». «Le pape est très conscient des problèmes qui sont apparus lors de cette rencontre», a assuré Navarro Valls. Au cours de cette soirée en effet, le représentant juif, le Grand rabbin ashkénaze Meir Lau, avait remercié Jean Paul II d’avoir «reconnu Jérusalem comme capitale éternelle des Israéliens», ce qui était manifestement un détournement des paroles du pape.

«Ce n’est pas vrai, il n’a pas dit cela !», s’était alors exclamé quelqu’un de l’assistance. La tension était ensuite montée à son comble lorsque le juge islamique de tous les tribunaux palestiniens, Taizir Al Tamimi, qui représentait les musulmans à cette rencontre boycottée par le Grand mufti, avait pris la parole en arabe d’un ton virulent, pour décrire cette fois Jérusalem comme «la capitale éternelle des musulmans et des Palestiniens». Et semblant ignorer le Grand rabbin, il avait quitté la salle avant la fin de la rencontre, expliquant son départ par l’heure de sa prière qui approchait. Le pape et le rabbin s’étaient donc retrouvés seuls pour planter symboliquement un arbre en signe de paix, à l’issue de leurs échanges de discours.

«Cette rencontre a été d’un très grand réalisme», a fait remarquer Joaquin Navarro Valls. «Si la réalité est ainsi malheureusement, il vaut mieux qu’elle apparaisse. On parlerait sinon d’une paix théorique en niant les difficultés sans les résoudre. «Si le pape a conscience de ces problèmes, ce n’est pas à lui, comme il l’a dit lui-même, de proposer des solutions politiques pour les résoudre», a encore affirmé le porte-parole du Saint-Siège. «Il est venu à Jérusalem avant tout pour un pèlerinage. Et il pense que les rencontres comme celles-ci peuvent contribuer à créer un climat permettant ensuite d’aider les différentes parties à accepter les éventuelles solutions politiques qui pourront être adoptées». (apic/imed/be)

26 mars 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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