L’Eglise en colère après la libération du paramilitaire fanatique
Philippines: L’assassin du Père Tullio Favalli amnistié
Manille, 3 février 2000 (APIC) La libération de Norberto Manero Jr, chef du groupe paramilitaire qui a assassiné le Père italien Tullio Favalli, suscite la colère dans les milieux d’Eglise aux Philippines. La Conférence épiscopale catholique, par le biais de sa Commission Justice et Paix, a vivement dénoncé jeudi l’»insensibilité de l’administration Estrada». Le président Joseph Estrada, qui a amnistié un groupe de 500 prisonniers, a promis de rendre publique à l’avenir la liste des personnes graciées avant toute nouvelle amnistie, pour éviter de tels incidents.
L’Eglise rappelle que Norberto Manero, «un paramilitaire fanatique qui a assassiné de façon bestiale» le missionnaire italien, n’a jamais fait preuve de repentir. Dans le diocèse de Kidapawan, les religieux qui ont témoigné durant le procès de l’assassin, craignent pour leur sécurité. Manero se trouvait interné au Pénitencier National avant d’être gracié par le président Estrada peu avant Noël.
«Durant la dictature de Marcos, rappelle Justice et Paix, l’armée et les paramilitaires ont commis d’innombrables actes de violence et des abus sans nom contre les fidèles et les gens du peuple; de nombreux prêtres, religieuses et agents pastoraux laïcs ont été assassinés» par des gens comme Manero.
Missionnaire de l’Institut pontifical des Missions étrangères (PIME), le Père Favalli a été abattu le 11 avril 1985 à Tuluman, sur l’île de Mindanao, par les hommes de Manero. Il a été criblé de 22 balles et les témoins racontent que les tueurs, après leur forfait, on dansé sur son corps et mangé une partie de son cerveau. Sœur Roseanne Million, du secrétariat Justice et Paix de la Conférence épiscopale philippine, se demande pourquoi le président Estrada a traité le cas de Norberto Manero comme une traditionnelle amnistie de Noël, alors qu’il s’agit d’un homme connu pour avoir commis de graves violations des droits de l’homme et des exécutions sommaires pour le compte de la dictature de Marcos. (apic/fides/be)




