De nouvelles normes à trouver, dans le dialogue

Suisse: Homosexualité et l’Eglise, le sociologue saint-gallois A. Dubach prône le dialogue

Fribourg, 8 février 2000 (APIC) Dans le débat sur l’homosexualité et l’Eglise, le sociologue saint-gallois Alfred Dubach, directeur de l’Institut de sociologue pastorale (SPI), prône le dialogue pour trouver de nouvelles normes de comportement. Ce thème refait surface suite à la publication, fin janvier, dans la «Schweizerische Kirchenzeitung», l’organe officiel des diocèses de langue allemande de Suisse, d’une contribution remarquée du théologien catholique Gianfranco Christen.

Ce professeur de religion de 37 ans, président de l’association des prêtres et agents pastoraux homosexuels de Suisse «Adamim», écrit que le pourcentage des homosexuels parmi les prêtres et agents pastoraux est bien plus élevé que ne veut le reconnaître la hiérarchie de l’Eglise.

Dans une Eglise tiraillée entre pluralisme et individualisme, le dialogue est la seule voie possible pour définir les futures normes de comportement. Telle est la conclusion d’Alfred Dubach, directeur de l’Institut suisse de sociologie pastorale (ISP) de Saint-Gall, dans une prise de position pour l’APIC concernant le débat sur l’homosexualité et l’Eglise.

Pour le secrétaire de la Commission de planification pastorale de la Conférence des évêques suisses, la question de la place des homosexuels dans l’Eglise pose celle de l’identité même de l’institution et de son image. Elle met en lumière les conflits causés par l’irruption dans les milieux pastoraux de nouveaux modèles de vie et d’une nouvelle culture sociale.

Un souci des responsables de l’Eglise: l’aspect contraignant disparaît

A l’intérieur comme à l’extérieur de l’Eglise, les lois et les vérités ne font plus recette, remarque Alfred Dubach. L’autonomie et la liberté sont élevées au rang de valeurs et de modèles. Les règles de comportement qui codifiaient l’ensemble des situations de l’existence cèdent le pas à la responsabilité personnelle et aux choix individuels. L’homme moderne se voit contraint de choisir seul sa ligne de conduite dans la multiplicité des représentations et des messages qui l’entourent.

Les préceptes de l’Eglise sur la foi, la morale et l’éthique sont de moins en moins suivis. Le fossé se creuse entre les normes prônées par l’Eglise et la façon dont les fidèles et les communautés vivent au quotidien. Cette évolution ne va pas sans préoccuper la hiérarchie ecclésiale, consciente que la pluralité des tendances représentées au sein de l’Eglise masque l’aspect contraignant des lois qu’elle émet.

Relativisation des positions officielles de l’Eglise

Face à la relativisation de «l’ordre sacré» et à l’expression de sensibilités et d’interprétations pluralistes au sein de l’Eglise se développe un fondamentalisme croissant. L’Eglise, en adoptant des normes trop rigides, provoque inévitablement un retrait de ceux qui les suivent dans des réserves de plus en plus réduites de modes de vie traditionnels. Pour Alfred Dubach, le dialogue est la seule voie possible si l’on veut trouver des règles de vie en phase avec l’avenir pour les fidèles, prêtres et laïcs. (kipa/ad/job/wm/mjp)

Bangui: Une religieuse congolaise assassinée

Bangui, 8 février 2000 (APIC) Soeur Marie-Odette Simba Abakumate, 42 ans, une religieuse congolaise de Kinshasa, a été tuée samedi 5 février par un groupe de bandits à environ 300 km de Bangui, la capitale de la République Centrafricaine, indique mardi l’Agence romaine Misna.

Soeur Marie-Odette, de la Congrégation des Soeurs de la Charité de Jésus et Marie, appartenait à la Communauté de Seko (diocèse de Bambari). Elle rentrait chez elle après un bref séjour à Bangui lorsqu’elle a été attaquée vers 3 heures du matin par un groupe de malfaiteurs.

Dans de nombreuses régions de la République Centrafricaine, surtout au nord-est, la sécurité des personnes, dans les villages et sur les routes, n’est quasiment pas garantie, relève l’agence missionnaire Misna. Pas loin de la moitié du pays, en particulier durant la saison sèche, est aux mains des groupes de «zaraguina» qui sont maîtres des routes et pillent les villages. (apic/cip/pr)

8 février 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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