Jubilé de la curie romaine, conversion et renouvellement
Vatican: Les membres de la curie romaine ont aussi besoin de se convertir
Rome, 13 février 2000 (APIC) Les membres de la Curie romaine ont aussi besoin de se convertir. C’est en ces termes que Radio Vatican a commenté la décision du pape d’initier un «Jubilé de la curie romaine» qui sera célébré le «jour de la chaire de St Pierre», le mardi 22 février prochain, dans la Basilique Saint-Pierre. Pour préparer cette cérémonie, présidée par Jean Paul II, des moments forts de prière ont été organisés pour tous les membres de la curie, prêtres, religieux et laïcs.
«Il me semble important que la curie romaine se montre pénitente, au même titre que tout chrétien, avec le pape», a observé le cardinal Paul Poupard sur les ondes de Radio Vatican. Le président du Conseil pontifical pour la culture a présenté ce Jubilé comme revêtant un sens profondément chrétien: «Si je peux m’exprimer ainsi, en souriant, les membres de la curie romaine sont tous des hommes, pécheurs, et c’est très important que la curie romaine se montre ainsi, pénitente, comme tout chrétien, comme le Saint-Père». Et le prélat français d’ajouter: «Je crois que cela est très important, aussi bien pour la conscience de la curie que pour son image».
Une meilleure prise de conscience de la vocation du service
Le cardinal français estime que cela permettra aux personnes qui travaillent au Vatican, «une meilleure prise de conscience de notre service». Comme le pape est le «serviteur des serviteurs», a-t-il rappelé, travailler au Vatican veut dire «être les serviteurs du serviteur des serviteurs de Dieu. C’est le sens de notre conversion», a-t-il conclu.
Auparavant, le cardinal italien Giacomo Biffi, archevêque avait proposé une réflexion sur le thème «conversion et renouvellement». Réunis dans la salle Paul VI du Vatican, le personnel des différents dicastères et conseils de la curie participait à la deuxième journée de préparation collective à la journée jubilaire du 22 février. Se convertir à Dieu, c’est instituer une relation nouvelle avec lui, a expliqué le cardinal Biffi, mais cela requiert «l’abandon de toute iniquité et la purification de l’esprit».
La conversion n’est en outre jamais terminée et doit s’accompagner d’actes de réparation et d’expiation, a-t-il insisté, «gestes gratuits qui révèlent à l’extérieur la volonté de rompre avec le passé».
La paille et la poutre
L’acte authentique de conversion n’est pas favorisé par la culture actuelle, souligne le prélat italien, relevant que l’homme en général reconnaît les fautes des autres beaucoup plus facilement que les siennes. «Nous sommes très forts à nous souvenir des fautes et des erreurs des autres, a-t-il observé, et à toujours donner une interprétation bienveillante de nos méfaits. Quand il s’agit de nos propres actions, on trouve toujours des échappatoires: les intransigeances impitoyables nous apparaissent presque comme des attitudes cohérentes et fidèles aux propres idéaux et, au contraire, les compromis sont considérés comme un esprit compréhensif; la paresse est présentée comme sauvegarde de la prudence et de la discrétion alors que toute dissipation, activisme incontrôlé ou fuite de la contemplation deviennent un zèle infatigable et des actions d’amour envers nos frères, et ainsi de suite».
Tout ceci, conclut le cardinal Biffi, afin de nous soustraire au devoir qui nous tourmente, à savoir se remettre en question et remettre en ordre des habitudes qui ont dévié. (apic/imed/be)




