Suisse: La FEPS rejette l’initiative «Pour une procréation respectant la dignité humaine»

«Limitation excessive de la liberté individuelle»

Berne, le 15 février 2000 (APIC) Le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) rejette l’nitiative intitulée «Pour une procréation respectant la dignité humaine», soumise au peuple suisse le 12 mars prochain. Pour la FEPS, un couple qui ne peut pas avoir d`enfant de manière naturelle, doit pouvoir faire appel aux techniques de procréation assistée, dans les limites de la loi.

En demandant l’interdiction de la fécondation in vitro, de la transplantation d`embryon et du recours au sperme de tiers, l’initiative PPD constitue aux yeux de la FEPS une limitation excessive de la liberté individuelle. Le Conseil de la FEPS comprend cependant les préoccupations du comité d`initiative : les embryons ne doivent pas devenir des objets d`expériences ou de commerce d`organes.

Depuis la votation populaire de mai 1992, la procréation médicalement assistée est régie par la Constitution. La loi protège la dignité humaine en interdisant notamment le recours aux mères porteuses et la production d`embryons à des fins d`expériences. La FEPS avait soutenu cette règlementation.

L`initiative PPD souhaite aller plus loin encore sur deux points : interdire la fécondation in vitro (fécondation en éprouvette) et l`insémination hétérologue (recours au sperme de tiers). Selon le comité d`initiative, c`est le seul moyen de libérer les femmes de la pression faite sur elles d`essayer toutes les techniques possibles pour contourner la stérilité l`interdiction est également le seul moyen d`empêcher que des embryons ne deviennent objets d`expériences.

De l`avis du Conseil de la FEPS, la loi sur la procréation médicalement assistée adoptée par le Parlement en décembre 1998 règle de façon satisfaisante ce problème délicat en n`autorisant la fécondation in vitro qu`à des conditions très strictes.

Le Conseil de la FEPS fait remarquer que le recours à la fécondation in vitro représente pour les femmes et les hommes concernés une charge physique et morale très lourde, nécessitant un traitement médicamenteux et chirurgical. Cela implique une longue attente suivie d`espoirs et de déceptions. De plus, le taux de réussite de la fécondation in vitro est moyen. Pourtant, il faut laisser la liberté à ceux qui, après avoir pris conseil et après mûre réflexion, décident de recourir à cette technique. (apic/com/mk/mp)

15 février 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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