Depuis le sanglant attentat de Louxor, qui a causé la mort de 58 touristes le 17 novembre 1997 et a particulièrement choqué les Egyptiens – pas habitués du tout à une telle sauvagerie, étrangère à leur nature plutôt pacifique – les militants islamistes ont annoncé leur renonciation à la lutte armée. Depuis, à part des incidents sporadiques, les islamistes, toujours soumis à la répression étatique, ont déplacé leurs activités au niveau social et politique sous couvert de diverses organisations.

Un courant intégriste minoritaire mais très actif, l’adieu à la voie armée

Le courant intégriste en Egypte s’est structuré dans le mouvement des Frères musulmans, confrérie fondée en 1928 en Egypte par le cheikh Hassan El-Banna, enseignant à Ismaïlia, à l’époque bastion britannique. Ce mouvement a aussi été influencé par le Pakistanais El-Mawdoudi dans les années 50, puis par l’Egyptien Sayed Qotb. Les fondamentalistes des groupes terroristes «Jama’a al-Islamiya» et de «al-Djihad» ont représenté ces dernières décennies le courant le plus extrémiste de l’islam égyptien.

Les «Jama’a», apparus sur les campus universitaires dans les années 70, ont été encouragés un temps par le président Anouar El Sadate pour faire pièce aux courants nassériens et marxistes. S’ils prétendaient vouloir établir la République islamique et imposer l’application totale de la «charia», la loi islamique, ils visaient en réalité la prise du pouvoir par tous les moyens. C’est la mouvance du «Djihad» qui fut responsable en 1981 de l’assassinat de Sadate, «coupable» d’avoir fait la paix avec Israël lors des Accords de Camp David en 1978.

Par des attentats contre les chrétiens coptes et les représentants d’un pouvoir perçu souvent comme corrompu et «coupé des masses» et des soucis de la rue, les extrémistes ont longtemps cherché à diviser le pays sur deux plans: musulmans contre chrétiens et peuple contre gouvernement. Les fonds qui ont financé généreusement ceux que le gouvernement Moubarak a volontiers qualifiés de «mercenaires» et de «tueurs à gages» proviennent notamment de milieux sunnites d’Arabie Saoudite et chiites d’Iran. L’Egypte a obtenu la signature de traités d’extradition avec plusieurs pays hébergeant des terroristes égyptiens. Ceux-ci ont souvent trouvé refuge au Pakistan, au Soudan et en Afghanistan, mais également dans des pays occidentaux. Si les infiltrations étrangères, notamment les «filières afghanes», ont longtemps été mises en avant, les observateurs relèvent qu’il ne faut pas sous-estimer les causes endogènes du terrorisme que sont la corruption omniprésente, l’analphabétisme qui frappe la moitié de la population, l’absence de perspective d’une jeunesse nombreuse peuplant les ceintures de misères des métropoles ou les villages deshérités de la Haute-Egypte. (apic/be)

20 février 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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