Non à la peine de mort brutale et inutile

Etats-Unis: Lettre ouverte des évêques catholiques au présidet Bill Clinton

Washington, 20 février 2000 (APIC) Mgr Joseph Anthony Fiorenza, évêque de Galveston-Houston et président de la conférence épiscopale catholique des Etats-Unis, a écrit au président Bill Clinton pour lui demander de proposer une suspension de toutes les exécutions capitales au plan fédéral. Pour les évêques il faut opposer un non résolu à une peine brutale et inutile.

«Comme vous le savez, les évêques catholiques des Etats-Unis demandent depuis longtemps qu’on en finisse avec la peine capitale, écrit Mgr Fiorenza. Je vous écris aujourd’hui pour joindre ma voix à celles qui ont réclamé une suspension des exécutions fédérales. Dans la foulée du pas courageux du gouverneur George Ryan de stopper les exécutions dans l’Etat de l’Illinois, je vous prie de profiter de votre fonction pour mettre fin à ce châtiment brutal et inutile.»

Le moratoire décidé en Illinois début février est le résultat d’une série de condamnations à mort non justifiées qui ont été réévélées ces derniers mois. Dans sa lettre, Mgr Fiorenza attire l’attention sur de récentes interventions et prises de position de Jean-Paul II, mettant en lumière l’opposition de l’Eglise pour la peine capitale. Il rappelle que, lors de sa venue à Saint Louis, en janvier 1999, le gouverneur du Missouri avait gracié un condamné à la demande du pape. «De récentes déclarations du Saint-Père, poursuit-il, illustrent sa conviction constante qu’il existe de meilleures façons de protéger la société, plus respectueuses aussi de la dignité de toute personne, aurait-elle même ôté la vie d’autrui. Le pape avait fait valoir que, vu notre capacité de protéger la société d’éventuels agresseurs, la nécessité d’exécuter des individus était devenue «rare, pour ne pas dire pratiquement inexistante».

Non à la culture de mort

Parmi les autres raisons qui plaident en faveur de l’abolition de la peine de mort, le président de la conférence épiscopale américaine relève son application arbitraire, son coût, un respect insuffisantdes droits de la défense, la possibilité d’erreurs judiciaires et des discriminations raciales. «Ce sont de tels arguments que nous utilisons dans nos efforts pour convaincre les catholiques et d’autres de cesser de soutenir cette pratique, écrit-il. Mais nous condamnons aussi la peine de mort en raison du tort qu’elle nous cause à nous en tant que société. Nous croyons que la peine de mort, au même titre que l’avortement légalisé et le suicide assisté, contribue à une culture de mort en estimant que certaines vies peuvent être sacrifiées. Un tel message est en contraste flagrant avec le message d’amour et de vie apporté par Jésus.»

Mgr Fiorenza cite dans sa lettre cet extrait de l’appel lancé par la conférence épiscopale des Etats-Unis le jour du Vendredi Saint 1999 (1) : «Faire de plus en plus confiance à la peine de mort nous diminue et est le signe d’un manque de respect toujours plus grand pour la vie humaine. Nous ne vaincrons pas le crime simplement en exécutant des criminels, pas plus que nous ne pourrons rendre la vie à des innocents en privant de la vie leurs meurtriers. La peine de mort donne la tragique illusion que nous pouvons défendre la vie en ôtant la vie.»

Selon la conférence épiscopale des Etats-Unis, 21 condamnés «fédéraux «attendent d’être exécutés. Si aucun n’a été exécuté à l’échelle fédérale depuis 1963, une exécution est attendue dans un délai assez proche. Juan Raul Garza, condamné en 1993 pour un meurtre commis à Brownsville, au Texas, en application d’une loi fédérale sur le trafic de drogue, a été récemment transféré à Terre Haute, dans l’Indiana, qui héberge le nouveau local fédéral d’injection létale. (apic/cip/nccb/mp)

20 février 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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