100’000 fidèles attendus le 25 mars au Mont des Béatitudes
Israël: La polémique sur la messe de Jean Paul II le jour du sabbat se poursuit à la Knesset
Jérusalem, 29 février 2000 (APIC) La polémique qui agite les milieux religieux juifs sur la messe de Jean Paul II au pied du Mont des Béatitudes, le samedi 25 mars, jour du sabbat, se poursuit à la Knesset. Certains députés religieux ne cachent pas leur hostilité, estimant que cette messe va désacraliser le sabbat, dont le respect est «la valeur la plus sacrée du judaïsme».
Selon Rafi Peled, coordinateur du gouvernement israélien pour la visite du pape, la messe au bord du lac de Tibériade (Génésareth), en Galilée, devrait attirer près de 100’000 participants. Quelque 50’000 pèlerins, le plus grand groupe jamais accueilli dans le pays, arriveront en deux jours, en même temps que le pape et son entourage.
Peled a donné ces explications aux membres de la Commission de l’Intérieur de la Knesset, le parlement israélien, réunis pour traiter de la visite du pape Jean Paul II, attendu en Israël le 21 mars prochain. Le débat a été l’occasion pour les députés religieux de tirer à boulets rouges sur la messe programmée le jour du sabbat, jour du repos dans la judaïsme. Le rabbin Haïm Druckman, député du Parti National Religieux, a estimé que le non respect du sabbat, célébré du vendredi soir au samedi soir, est une «une atteinte à l’honneur national» d’Israël. Les députés religieux ont dans leur ensemble vivement critiqué le gouvernement pour avoir prévu la rencontre du Premier Ministre Ehoud Barak avec le pape Jean Paul II à un moment trop proche du début du sabbat, vendredi 24 mars.
Une pétition envoyée au Vatican
«Nous voulons bien recevoir le pape, mais pas à n’importe quel prix», a déclaré le député du parti ultra-orthodoxe Shass, David Azoulai, président de la Commission. Ayoub Kara, député du Likoud (opposition de droite) a lancé un appel à ses collègues pour qu’ils s’abstiennent de faire des déclarations donnant l’impression que le pape n’est pas le bienvenu en Israël. «La moindre des choses lorsqu’on se rend dans un pays étranger, c’est de respecter les traditions locales, or le sabbat est la valeur la plus sacrée du judaïsme», a rétorqué le député Moshe Garni, du Parti Unifié de la Torah.
Selon le député Meïr Porush, également membre du Parti Unifié de la Torah, près de 2000 rabbins et personnalités publiques israéliens ont signé une pétition envoyée au Vatican pour demander un changement de programme et éviter de «transgresser le sabbat». Les députés religieux ont également estimé que la rencontre devait avoir lieu à Jérusalem au lieu du bord du lac de Génésareth. Ils réclament également que la messe ait lieu le samedi soir et pas l’après-midi. Il s’agit d’éviter de contraindre les policiers israéliens chargés de la sécurité de l’événement à violer le sabbat.
Satisfaction du côté arabe
Rafi Peled a rassuré les députés: le programme a été revu et Ehoud Barak, après sa rencontre avec le pape, sera rentré par hélicoptère avant l’ouverture du sabbat. Au programme de la visite de Jean Paul II: une rencontre avec le président israélien Ezer Weizman à Beit Hanassi, ainsi qu’une visite du musée de l’holocauste Yad Vashem en compagnie d’Ehoud Barak, au Mur occidental (»Mur des Lamentations»), et au siège du Grand rabbinat, à Heichal Shlomo. Un jour après son arrivée, Jean Paul II rencontrera également le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat. Les députés arabes de la Knesset ont assuré que le pape sera le bienvenu. Selon Mohammed Kanaan, de la Liste Arabe Unifiée, musulmans et chrétiens de Nazareth accueilleront le pape «à bras ouverts». (apic/jpost/be)




