Suisse: L’Association «Adamim» demande plus de tolérance à l’Eglise
«Le nombre très élevé d’homosexuels dans le service pastoral»
Lucerne, 31 janvier 2000 (APIC) «Le nombre des homosexuels est très élevé parmi les prêtres et les agents pastoraux catholiques de Suisse». Cette phrase audacieuse et provocatrice se trouve dans la dernière édition de la revue catholique «Schweizerische Kirchenzeitung». Son auteur: Gianfranco Christen, 37 ans, professeur de religion à l’Ecole cantonale de Frauenfeld et président de l’association «Adamim» qui regroupe les prêtres et les agents pastoraux homosexuels de Suisse.
Gianfranco Christen n’hésite pas à écrire que durant ses études à la Faculté de théologie de Lucerne, il a constaté «que 40 à 50% des étudiants masculins étaient homosexuels. Et la moitié d’entre eux avaient eu des relations sexuelles avec des hommes». Il ajoute: «Une enquête faite en Allemagne estime qu’un prêtre catholique sur cinq a des tendances homosexuelles. Lorsque Mgr Oskar Saier, archevêque de Fribourg-en-Brisgau, déclare dans une interview qu’il n’existe, dans ce domaine, qu’un tout petit nombre de cas particuliers, il s’agit là d’une déclaration typique d’un dirigeant d’Eglise qui ferme les yeux et les oreilles pour éviter de créer des vagues».
«L’homosexualité fait partie de la condition humaine, écrit encore le professeur de religion. Elle n’est ni une maladie, ni un crime, mais bien plutôt une possibilité de vivre concrètement la sexualité et l’amour». Elle ne doit pas être entachée de culpabilité. Gianfranco Christen fonde sa conviction théologique, entre autres, sur le fait que l’Evangile n’a transmis aucune parole de Jésus sur l’homosexualité. Si l’on trouve dans l’Ancien et le Nouveau Testament des paroles négatives sur l’homosexualité, il faut l’attribuer à des raisons historiques et culturelles propres à cette époque.
Trois semaines avant la parution de l’article, lors d’une rencontre avec des étudiants en théologie du diocèse à Lucerne, le supérieur hiérarchique du président de l’Association «Adamim», Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, avait déclaré qu’il fallait mettre en harmonie le message que l’on donne et sa manière de vivre. «En se fondant sur l’enseignement de l’Eglise, nous devrons aussi à l’avenir refuser un mandat ecclésial pour des hommes et des femmes qui vivent ouvertement une forme de vie en contradiction avec la doctrine catholique».
Les journaux suisses alémaniques de fin de semaine n’ont pas manqué de reprendre l’article de la «Schweizerische Kirchenzeitung» dans leurs dernières éditions. Le «Blick» de samedi intitule son article: «Un théologien l’affirme: Près d’un prêtre sur quatre est homosexuel». Le journal «Sonntagzeitung», plus discret, écrit à la page 6 :»Un professeur de religion homosexuel provoque sa hiérarchie». (apic/wm/ba)




