L’islamisation du Nord nigérian se poursuit

Nigeria: Les chrétiens protestent contre l’introduction de la charia au Borno

Lagos, 4 juin (APIC) Les états musulmans au nord du Nigeria poursuivent leur politique d’islamisation tous azimuts, commencée au début 2000 dans la province de Zamfara. Depuis, dix autres régions à moitié autonomes ont suivi son exemple. Le dernier en date est l’Etat de Borno, où l’entrée en vigueur de la charia le 1er juin 2001 a rencontré l’opposition des milieux chrétiens.

La minorité chrétienne de l’état a déclaré qu’elle ne respectera pas cette mesure. Dans un communiqué envoyé aux médias, le président de la section locale de l’Association des chrétiens du Nigeria (CAN), le révérend Père Philips Gwarma, a déclaré que lorsque «la question de l’introduction de la charia a été soulevée, les chrétiens n’ont pas été invités à participer aux travaux du comité de réflexion mis en place par le gouverneur». En conséquence, a-t-il ajouté, «nous avons décidé de ne pas obéir à la loi islamique dans toutes ses modalités».

Le responsable de la CAN a également rejeté l’idée selon laquelle, cette loi islamique qui va désormais réglementer la vie économique, sociale, et culturelle de l’état, ne s’appliquerait pas aux non musulmans. «Nous sommes membres de la société, car nous vivons et nous nous mélangeons avec les musulmans, il n’est donc pas possible que nous ne soyons pas concernés par une disposition qui concerne les musulmans», a-t-il souligné.

Déception des mendiants à Maïdaguri

Par ailleurs, de violents affrontements ont marqué l’entrée en vigueur de la charia au Borno, le premier juin, dans la ville de Maïdaguri. Les heurts ont opposé les mendiants, opposés à la décision commune du gouverneur et l’émir, la plus haute autorité musulmane, de l’état, de célébrer en douceur le passage à la loi islamique. Les mendiants s’attendaient à une cérémonie grandiose qui leur aurait permis de récolter l’aumône auprès des âmes charitables.

Les affrontements avec les policiers ont duré presque 4 heures et les forces ont dû faire usage de grenades lacrymogènes et de matraques pour arriver bout des mendiants. Un responsable de la police a souligné que certains mendiants, dans leur furie, ont incendié une partie de la plus grande place de la ville, celle de Ramat.

Formellement interdite dans les pays arabes du Golfe, la mendicité est une pratique très répandue en Afrique au sud du Sahara. Traditionnellement, elle est pratiquée par les invalides ou personnes handicapés physiques. Mais de plus en plus, des personnes présentant un bon état de santé s’adonne à cette acte devenue un moyen de rechercher de l’argent, sans grande peine. (apic/ibc/bb)

4 juin 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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