Bénédiction de couples homosexuels: refus catégorique de Genève
Encadré
L’Eglise protestante de Genève (EPG) a annoncé le 1er septembre 1995 déjà qu’elle rejetait toute cérémonie de bénédiction pour couples homosexuels. Pour elle, la bénédiction porte à la fois sur les personnes et sur le type de relation qui les lie.
«N’ayant pas la même portée symbolique, l’union homosexuelle ne peut être pour l’Eglise «un lieu de vérité qui renvoie à Dieu», a estimé l’Eglise nationale réformée de Genève. L’Eglise évangélique libre de la cité de Calvin est allée plus loin encore, parlant d’»abomination» au sens biblique du terme, indique le prof. Pierre Bühler dans l’ouvrage sur l’homosexualité édité par la Commission théologique de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et intitulé «Qui a peur des homosexuels».
Les 8 autres Eglises nationales à s’être prononcées en Suisse alémanique (Argovie, les deux Bâles, les Grisons, Lucerne, Saint-Gall, Schaffhouse et Zurich ou sur la frontière linguistique – comme Fribourg et l’Union synodale Berne-Jura – envisagent un rituel de bénédiction pour les homosexuels. Elles l’assimilent aux cultes pour des situations de vie particulières, comme peuvent l’être l’adoption, l’entrée à l’école, un jubilé de mariage, la retraite, l’entrée dans un home pour personnes âgées, la naissance d’un enfant mort-né, une fausse couche ou encore le divorce.
Les rituels destinés aux couples homosexuels relèvent avant tout d’un souci pastoral et ne sont pas comparables au mariage religieux hétérosexuel.
Les Eglises devront immanquablement remettre l’ouvrage sur le métier lorsque les conditions du partenariat enregistré seront juridiquement garanties en Suisse. Car les dispositions des Eglises tomberont alors sous le coup de l’article 8 de la Constitution fédérale interdisant toute discrimination. (apic/feps/mjp)




