Fribourg: Session des agents pastoraux laïcs et ordonnés

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Planification pastorale

Par Pablo Davila, attaché de presse du vicariat épiscopal à Fribourg

Fribourg, 7 juin 2001 Une centaine d’agents pastoraux laïcs et ordonnés se sont réunis le 1er juin à Belfaux, autour du Vicaire épiscopal Jacques Banderet, a-t-on appris jeudi 7 juin. Cette journée de consultation était centrée sur le projet de planification pastorale dans le canton de Fribourg. Le document, émanant de la Commission de planification pastorale et soumis aux agents pastoraux pour être commenté, amendé et complété, a été rejeté en bloc. Un document «certes joli, mais tellement général qu’il ne sert à rien», a commenté l’abbé Marc Donzé.

Des pages superficielles et par trop théoriques: voilà ce que les permanents de l’Eglise fribourgeoise ont reçu en guise «d’orientation pastorale» et «d’objectifs» en ce début de siècle. Un document écrit rapidement et envoyé à peine trois semaines avant la réunion. Les souhaits d’AD 2000? ils sont survolés. La diaconie? on se contente de la citer sans entrer dans les détails. Les Equipes d’Animation Pastorale (EAP)? On répète des généralités. Les missions linguistiques? Carrément absentes. Et on pourrait continuer ainsi, les phrases s’enchaînant pour ne faire qu’une suite insipide de banalités. Un document qui oublie manifestement le contexte de sécularisation et de déchristianisation dans lequel se débat l’Eglise aujourd’hui, et qui laisse son lecteur perplexe.

Connaissant les limites de ce travail, la Commission de planification tente de se justifier. «Ces pages ont été réalisées par des artisans, non par des spécialistes, des maîtres en philosophie ou des théologiens… elles sont donc nécessairement lacunaires». Certains essayent tout de même de jouer le jeu en respectant les consignes. La Commission souhaite en effet que le texte soit «amendé» avant d’en rédiger une deuxième mouture et de la diffuser «largement, au sein de toutes les paroisses et autres organes concernés où il sera l’objet de présentations, de discussions…» Cette deuxième version ne verra jamais le jour. Le refus, par l’abbé Marc Donzé, d’amender le document va alimenter le débat et aboutir au refus du document dans son ensemble.

Refus d’entrée en matière

L’abbé Marc Donzé se lance dans un longue intervention, relevant, point par point, les faiblesses du document. «Je ne peux omettre de signaler les importantes lacunes d’un document qui représente un tournant dans l’organisation de l’Eglise de ce canton». La méthodologie employée ne ressort pas clairement du texte. La Commission est-elle porteuse du projet, ou sont-ce plutôt les agents pastoraux? A-t-on mené une réflexion sur ce que doit être une commission de planification?

Quelle est son rôle exact et sa composition? A-t-on réfléchi à l’articulation entre cette dernière et le vicaire épiscopal, les commissions de nomination, le Conseil de pastorale, le Conseil du vicariat? Le point concernant les constats (pt.2) est particulièrement faible. «Il faut un large résumé de ce qui anime les catholiques du canton, de ce qui est à garder ou à changer, note Marc Donzé. Il faut un état chiffré de la situation du personnel d’Eglise». En effet, comment planifier et faire des choix, si l’on ne connaît pas la situation présente? Quant aux points 3 et 4 du document – «Appelés à faire Eglise» et «Naissance de l’Eglise: Pâques ou Pentecôte» – ils sont «tellement généraux qu’ils sont inutiles et conviendraient bien mieux à la prédication». Le point 9 ne donne aucune définition sur le cahier de charge des unités pastorales: quelles sont leurs compétences, leurs possibilités? Marc Donzé conclut son intervention en faisant remarquer que le calendrier proposé est irréalisable. «La disposition de cette réunion oblige à un travail de type parlementaire, dit-il. Or, le texte est si lacunaire que je propose le refus de l’entrée en matière». Le ton était donné. Les interventions suivantes iront toutes dans le même sens.

Quel document voulons-nous?

La Commission de planification pastorale réagira après la pause: «En vous demandant d’amender ce texte, dira-t-elle par l’intermédiaire de l’abbé Rémi Berchier, nous donnions un caractère parlementaire à cette rencontre. Nous nous sommes trompés». Et de demander aux agents pastoraux: «Quel document voulons-nous?»

Après un travail en groupe, les agents pastoraux ont exprimé leurs demandes concernant le futur document. Celles-ci peuvent être groupées en huit points: un document qui soit une «photo», un reflet de la réalité, autrement dit une analyse claire et chiffrée de l’Eglise dans le canton de Fribourg; une reprise des souhaits exprimés par l’Assemblée Diocésaine, AD 2000. Les conclusions de l’Assemblée diocésaine devront être le cadre et la base de cette planification; une ligne pastorale définie et qui fixe les objectifs dans le temps, en fonction de ce que nous réserve l’année 2010. Le texte devra spécifier les moyens que se donne l’Eglise pour réaliser ces objectifs; un document qui a force de loi; un texte élaboré par une nouvelle Commission de planification incorporant des personnes compétentes, voir des théologiens et des personnes qui n’appartiennent pas à l’Eglise; que l’accent soit mis sur la diaconie, les missions linguistiques, les pauvres et les exclus; une campagne de sensibilisation des fidèles, afin qu’ils découvrent les avantages d’une telle restructuration; un vœu enfin: le Conseil de pastorale fribourgeois devra être consulté et associé à la réflexion.

Une autre journée de consultation a été fixée au 28 novembre 2001. (apic/pb/pr)

7 juin 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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