Mali: Les évêques dénoncent le trafic d’enfants et l’intégrisme religieux

«Le commerce d’enfants est une vente de l’identité nationale»

Bamako, 15 juin (APIC) Le trafic illégal et éhonté des enfants esclaves est une des «tares de la société» locale, ont estimé les évêques du Mali, dans une lettre pastorale diffusée récemment. Selon l’UNICEF et diverses organisations de défenses des droits de l’enfant, plus de quinze mille petits Maliens sont vendus à des planteurs en Côte-d’Ivoire, rappellent-ils dans la même lettre.

Considérant que le Mali est une importante plaque tournante du nouveau commerce des enfants, les évêques dénoncent ce trafic comme une «vente de l’identité nationale», ayant pour but un «gain facile d’argent». Ils attendent une intensification de la lutte contre le trafic d’enfants, suite à l’annonce par le chef de l’Etat Alpha Oumar Konaré, de l’introduction dans le code pénal d’une nouvelle loi traitant cette pratique comme un crime.

Les autorités maliennes et ivoiriennes se rencontreront d’ailleurs dans les jours à venir pour élaborer une stratégie commune de lutte contre le fléau. L’accord signé en septembre 2000 par les deux parties, et qui prévoyait que les enfants esclaves maliens employés clandestinement chez les agriculteurs ivoiriens soient récupérés et retournés dans leur pays d’origine, n’a pas encore été appliqué, estiment les évêques maliens.

«L’érosion du bien commun» et le manque de «maturité politique» des Maliens sont les raisons principale qui font qu’ils se livrent à des trafics de toute sorte et dans tous les domaines: enfants, objets d’art, passeports, soulignent les évêques dans leur lettre. Les prélats déplorent également l’attitude des hommes politiques maliens, les soupçonnant d’être «tentés de piller le pays» plus qu’ils ne le construisent.

Sur un autre plan, les évêque maliens ont dénoncé la multiplication des associations à caractère corporatiste, ainsi que la montée de l’intégrisme religieux. «La tentation de recourir au fondamentalisme religieux, politique ou ethnique au détriment de l’émergence d’une conscience nationale», est un danger, ont-ils encore estimé. (apic/ibc/sk/bb)

15 juin 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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