Dans la lancée des JMJ de Paris

France: 4’000 étudiants parisiens ont participé au pèlerinage de Chartres

Paris, 8 mai 2001 (APIC) Le pèlerinage organisé par la Mission catholique étudiante d’Ile-de-France, qui regroupe les aumôneries universitaires et des grandes écoles, a rassemblé 4’000 participants, les 5 et 6 mai à Chartres. Lancée par Charles Péguy en 1912, la tradition a failli s’éteindre avant de rebondir grâces aux JMJ.

Partis le samedi 5 mai, les étudiants, répartis en douze «routes», ont parcouru entre vingt-cinq et quarante kilomètres à pied pour gagner Chartres et sa cathédrale, haut lieu spirituel et touristique.

«Nous avons dormi dans des églises, des granges ou des garages», raconte Amélie, 22 ans, étudiante en géographie à l’université de la Sorbonne qui accomplit cette marche pour la première fois. Sac à dos aux épaules, la jeune fille porte aussi un foulard orange pour identifier la «route» à laquelle elle est rattachée.

Par groupes d’une dizaine, les étudiants ont partagé leurs expériences durant les haltes. Ils ont réfléchi cette année au thème de la mission et de l’évangélisation. «Au cours du pèlerinage, il ne s’agit pas seulement de marcher et de prier. C’est aussi l’occasion pour les étudiants de relire leur vie», explique le père Henri Aubert, jésuite, l’un des aumôniers de la Mission étudiante d’Ile-de-France.

«C’est la richesse de ces moments-là qui m’a incité à revenir», souligne Damien, 22 ans qui vient de terminer ses études, et qui en est à sa troisième participation. «Depuis longtemps, je voulais faire ce pèlerinage. C’est un peu un mythe», confie, de son coté, Amélie.

Une tradition lancée par Charles Péguy et relancée par les JMJ

Un mythe qui a failli s’éteindre. En juin 1912, l’écrivain Charles Péguy avait ouvert la voie en se rendant à pieds à Chartres. Il reprenait là une tradition du Moyen Age pendant lequel la cathédrale a drainé des foules importantes de pèlerins. Les étudiants de Paris y viennent à la suite de Péguy. Au cours des années soixante, le pèlerinage des étudiants connaît son apogée. Leur nombre atteint les quinze mille, répartis sur deux week-end car la cathédrale ne peut accueillir que sept mille fidèles à la fois. Puis, sous les coups de la déchristianisation, les étudiants sont de moins en moins nombreux à marcher vers Chartres. Au début de la décennie 90, le pèlerinage est quasiment moribond et n’attire plus que 1’500 étudiants.

En 1998, un an après les JMJ de Paris, cinq mille jeunes participent à la manifestation. Beaucoup de ceux qui viennent à Chartres sont des «anciens» des JMJ de Paris et de Rome. Ils apprécient ces grands rassemblements. «Ici, comme aux JMJ, nous nous retrouvons entre jeunes. C’est important», explique Jean-Baptiste, étudiant en médecine.

Des jeunes en recherche

Ces jeunes en recherche ne sont pas tous issus du milieu catholique. Réservé à l’origine aux étudiants des aumôneries, le pèlerinage de Chartres a élargi son audience. «Ma famille est protestante réformée», explique ainsi Bénédicte, «c’est la deuxième année que je fais le pèlerinage de Chartres. J’étais allée aussi aux JMJ à Paris. J’y retrouve des jeunes avec qui échanger, chez qui je trouve un besoin de Dieu.» Etudiante en médecine, Anne-Charlotte est, elle aussi, une habituée des grands rassemblements de jeunes. «Je traverse une période de doute quant à ma foi chrétienne», affirme-t-elle pourtant. (apic/eni/bb)

8 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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