Ecône: Rome propose aux traditionalistes «une véritable juridiction sur les fidèles»

Discussions «au point mort», selon Mgr Fellay

Menzingen/Fribourg, 11 mai 2001 (APIC) Rome propose aux traditionalistes que leurs évêques puissent exercer «une véritable juridiction sur les fidèles», dans le sens d’une prélature personnelle du style de celle de l’Opus Dei. Cependant, affirme le supérieur général de la Fraternité St-Pie X, les discussions sont «au point mort», Rome ne voulant pas discuter des divergences de fond.

Dans une interview publiée vendredi 11 mai par le quotidien fribourgeois «La Liberté», Mgr Bernard Fellay, supérieur général, explique que Rome est pressé d’en finir avec cette «tache» sur le pontificat de Jean Paul II (le schisme d’Ecône en juin 1988), car le pape actuel s’est voulu le champion de l’unité. «Mais Rome cherche une solution extrêmement pratique sans aborder les questions de fond». La Fraternité Saint-Pie X pose à Rome ses conditions sine qua non : la possibilité donnée à tous les prêtres dans le monde entier de célébrer la messe selon le missel tridentin, la levée des excommunications et la possibilité d’interpréter le Concile Vatican II «à la lumière de la Tradition».

«Nous gardons 95% de Vatican II»

Mgr Bernard Fellay déclarait en novembre dans la revue «Mysterium Fidei» que «discuter pour arriver à un modus vivendi oecuménique, c’est-à-dire avoir une place parmi d’autres options: non!». L’évêque schismatique, excommunié «latae sententiae» lors de son ordination épiscopale par Mgr Marcel Lefebvre en juin 1988, affirme pourtant dans l’entretien accordé à «La Liberté» que la Fraternité «garde 95%» du Concile Vatican II. «C’est plus à un esprit que nous nous opposons, à une attitude devant le changement porté comme postulat: tout change dans le monde, donc l’Eglise doit changer.»

«Tout n’est pas négociable»

Fin mars dernier, à l’instar d’autres voix de la hiérarchie catholique, cardinal Pierre Eyt, saluait sans ambages la rupture des négociations entre Rome et Ecône et se félicitait que la cause de la suspension vienne «du côté de Rome». Car pour l’archevêque de Bordeaux, «tout n’est pas négociable».

«De telles différences doctrinales, liturgiques, sacramentelles, institutionnelles, de telles oppositions, non seulement sur le ’Mystère pascal’ mais sur tant d’autres éléments de la foi, peuvent-elles être surmontées sans examen approfondi et sans délai suffisant ? Pour le moment et concernant ces problèmes, nous sommes nombreux à voir sur cette route davantage d’obstacles que d’ouvertures», écrivait le cardinal Pierre Eyt, bien conscient des risques représentés par les discussions alors en cours. Parmi les motifs qui justifient sa position, l’archevêque de Bordeaux relève «l’attristante caricature de la théologie catholique de l’Eucharistie à laquelle se livrent des ’théologiens lefebvristes’».

Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a été reçu brièvement par le pape dans sa chapelle privée le 30 décembre dernier. Il menait les négociations – jusqu’à la suspension actuelle – directement avec le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation romaine pour le clergé. Le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation romaine pour clergé, est depuis avril 2000 chef de la Commission pontificale «Ecclesia Dei», chargée depuis le schisme d’Ecône en 1988, de faciliter la pleine communion ecclésiale aux traditionalistes qui veulent rester fidèles au pape. (apic/liberté/com/be)

11 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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