Dix neuf réfugiés ont été extradés illégalement de Brazzaville
Congo RDC: La Voix des sans voix dénonce l’arrestation illégale de deux journalistes
Kinshasa, 11 mai 2001 (APIC) La Voix des sans voix (VSV), une organisation pour les droits de l’homme opérant à Kinshasa, dénonce le bâillonnement de la presse à Matadi, ville portuaire de la République démocratique du Congo. Deux journalistes y ont été arrêtés pour avoir rédigé un article sur des sacs de froment avariés. L’organisation estime par ailleurs illégale l’extradition de Brazzaville de 19 personnes qui ont fui les rafles du gouvernement de Kinshasa fin 2000.
Les journalistes Washington Lutumba, du journal «Le Potentiel», et son confrère Jules César Mayimbi, du «Forum des As» sont actuellement en détention. Ils se sont vu reprocher la publication de la nouvelle sur la vente à Boma par la boulangerie Saint Joseph de sacs de farine jugée avariée provenant du Congo-Brazzaville. Le représentant de ladite boulangerie a pourtant usé de son droit de réponse.
Dans un communiqué de presse diffusé le 4 mai, la VSV demande au gouvernement congolais et aux ministres de la Communication et Presse ainsi qu’à la Justice d’intervenir rapidement pour la libération de ces deux journalistes.
La VSV demande également au gouvernement et aux ministres de veiller à la protection des journalistes en proie aux tracasseries dans l’exercice de leur fonction. L’organisation de défense des droits de l’homme basée à Kinshasa insiste sur le principe de garantir la pluralité d’opinion à travers une presse libre et indépendante, «un des piliers de la démocratie dont le peuple congolais appelle de tous ses vœux».
Extradées au lieu d’être confiées au HCR
Par ailleurs, dénonce VSV, dix neuf Congolais de la RDC ont été illégalement extradés de Brazzaville en République du Congo. Ils avaient quitté le pays en novembre et décembre 2000 lors de la vague d’arrestation dans les provinces du Sud-Kivu, Nord-Kivu et Maniema de personnes soupçonnées d’avoir voulu renverser le régime en place vers fin octobre 2000.
VSV dénonce dans son communiqué du 4 mai l’acte commis par les autorités du Congo-Brazzaville, lesquelles auraient dû placer les réfugiés sous la protection du HCR. VSV estime que cette extradition constitue une violation flagrante de la résolution de l’ONU 2612 de 1967 relative aux problèmes des réfugiés en Afrique.
La VSV demande aux autorités du Congo-Kinshasa d’assurer aux prévenus un traitement humain en vertu du principe de présomption d’innocence. Elle estime que les familles et les proches de ces 19 personnes doivent être informés sur les motifs de leur arrestation et le lieu de leur détention. (apic/dia/bb)




